CHANT I.
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Elisabeth alors, avec impatience,
Demande le récit des troubles de la France,
Veut savoir quels ressorts et quel enchaînementOnt produit dans Paris un si grand changement.Déjà, dit-elle au roi, la prompte renomméeDe ces revers sanglants m’a souvent informée ;
Mais sa bouche, indiscrète en sa légèreté,
Prodigue le mensonge avec la vérité.
J’ai rejeté toujours ses récits peu iideles.
Vous donc, témoin fameux de ces longues querelles,Vous, toujours de Valois le vainqueur ou l’appui,Expliquez-nous le nœud qui vous joint avec lui.Daignez développer ce changement extrême :
Vous seul pouvez parler dignement de vous-raeme.Peignez-moi vos malheurs, et vos heureux exploits.Songez que votre vie est la leçon des rois.
Hélas ! reprit Bourbon, faut-il que ma mémoireKappelle de ces temps la malheureuse histoire 3Plût au ciel irrité, témoin de mes douleurs,
Qu’un éternel oubli nous cachât tant d’horreurs !Pourquoi demandez-vous que ma bouche raconteDes princes de mon sang les fureurs et la honte?Mon cœur frémit encore à ce seul souvenir:
Mais vous me l’ordonnez, je vais vous obéir.
Un autre, en vous parlant, pourrait avec adresseDéguiser leurs forfaits, excuser leur faiblesse :
Mais ce vain artifice est peu fait pour mon cœur;
Et je parle en soldat plus qu’en ambassadeur.
FIN I)U CHANT PREMIER.