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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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^ LA HEKKIADE.

Venez mourir ou vaincre aux. remparts de Paris.Alors un noble orgueil a rempli ses esprits.

•le ne me flatte point d’avoir pu dans son ameVerser, par mon exemple, une si belle flamme ;

Sa disgrâce a sans doute éveillé sa vertu :

Il gémit du repos qui l’avait abattu.

Valois avait besoin d’un destin si contraire ;

Et souvent l’infortune aux rois est nécessaire.

Tels étaient de Henri les sincères discours.

Des Anglais cependant il presse le secours :

Déjà, du liaut des murs de la ville rebelle,

La voix de la victoire en .sou camp le rappelle ;

Mille jeunes Anglais vont bientôt, sur ses pas,Fendre le sein des mers . et chercher les combats.

Essex est à leur tête, Essex dont la vaillanceA des fiers Castillans confondu la prudence,

Et qui ne croyait pas qu’un indigne destinDut flétrir les lauriers qu’avait cueillis sa main.

Henri ne l’attend point : ce chef que rien n’arrête,Impatient de vaincre, à son départ s’apprête.

Allez, lui dit la reine , allez, digne héros.

Mes guerriers sur vos pas traverseront les flots.

Non, ce n’est point Valois, c’est vous qu’ils veulentsuivre ;

A vos soins généreux mon amitié les livre :

Au milieu des combats vous les verrez courir,

Plus pour vous imiter que pour vous secourir.Formés par votre exemple au grand art de la guerre,Ils apprendront sous vous a servir l’Angleterre.Puisse bientôt la ligue expirer sous vos coups îL’Espagne sert Mayenne, et Rome est contre vous:Allez vaincre l’Espagne ; et songez qu’un grand homme