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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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LA HENRIADE.

Peut à l’oint du Seigneur arracher votre hommage ?Le 111s de saint Louis, parjure à ses serments,Vient-il de nos autels briser les fondements ?

Au pied de ces autels il demande à s’instruire ;

Il aime, il suit les lois dont vous bravez l’empire.

Il sait dans toute secte honorer les vertus,

Respecter votre culte, et même vos abus.

Il laisse au Dieu vivant, qui voit ce que nous sommes,Le soin que vous prenez de condamner les hommes.Comme un roi, comme un pere, il vient vous gou-verner ;

Et, plus chrétien que vous, il vient vous pardonner.Tout est libre avec lui ; lui seul ne peut-il l’être?Quel droit vous a rendus juges de votre maître?Infidèles pasteurs, indignes citoyens,

Que vous ressemblez mal à ces premiers chrétiensQui, bravant tous ces dieux de métal ou de plâtre,Marchaient sans murmurer sous un maître idolâtre,Expiraient sans se plaindre, et sur les échafauds,Sanglants , percés de coups, bénissaient leurs bour-reaux l

Eux seuls étaient chrétiens, je n’en connais pointd’autres ;

Ils mouraient pour leurs rois, vous massacrez lesvôtres :

Et Dieu , que vous peignez implacable et jaloux,

S’il aime à se venger, barbares, c’est de vous. »

A ce hardi discours aucun n’osait répondre ;

Par des traits trop puissants ils se sentaient confondre;Ils repoussaient en vain de leur cœur irritéCet effroi qu’aux méchants donne la vérité;

Le dépit et la crainte agitaient leurs pensées :