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LA HENRIADE.
Des antiques Persans les secrets successeurs ,
De Zoroastre encore aveugles sectateurs ;
Les pâles habitants de ces froides contréesQu’assiegent de glaçons les mers liyperborées;
Ceux qui de l’Amérique habitent les forets,
De l’erreur invincible innombrables sujets.
Le dervis étonné, d’une vue inquiété ,
A la droite de Dieu cherche en vain son prophète.
Le bonze, avec des yeux sombres et pénitents,
Y vient vanter en vain ses vœux et ses tourments.
Eclairés à l’instant, ces morts dans le silenceAttendent, en tremblant, l’éternelle sentence.
Dieu, qui voit à la fois, entend et connaît tout,
D’un coup-d’œil les punit, d’un coup-d’œil les absout.Henri n’approcha point vers le trône invisibleD’où part à chaque instant ce jugement terrible,
Où Dieu prononce à tous ses arrêts éternels ,Qu’osent prévoir en vain tant d’orgueilleux mortels.« Quelle est, disait Henri, s’interrogeant lui-même ,Quelle est de Dieu sur eux la justice suprême?
Ce Dieu les punit-il d’avoir fermé leurs yeuxAux clartés que lui-même il plaça si loin d’eux ?Pourrait-il les juger, tel qu’un injuste maître,
Sur la loi des chrétiens qu’ils n’avaient pu connaître?Non. Dieu nous a créés, Dieu nous veut sauver tous.Par-tout il nous instruit, par-tout il parle à nous ;
Il grave en tous les cœurs la loi de la nature,
Seule à jamais la même, et seule toujours pure.
Sur cette loi, sans doute , il juge les païens ;
Et, si leur cœur fut j uste, ils ont été chrétiens. »Tandis que du héros la raison confondueP Drtait sur ce mystère une indiscrète vue,