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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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166 LA HENRLADE.

II tenait d’une main cette olive sacrée,

Présagé consolaat d’une paix desirée:

Dans l’autre étincelait ce fer d’un Dieu vengeur,

Ce glaive dont s’arma l’ange exterminateur,

Quand jadis l’Eternel à la mort dévoranteLivra les premiers nés d’une race insolente.

A l’aspect de ce glaive interdits, désarmés,

Les monstres infernaux semblent inanimés ;

La terreur les enchaîne ; un pouvoir invincibleFait tomber tous les traits de leur troupe inflexible.Ainsi de son autel teint du sang des humainsTomba ce fier Dagon, ce dieu des Philistins,Lorsque du Dieu des dieux, en son temple apportéeA ses yeux éblouis l’arche fut présentée.

Paris, le roi. l’armée, et l’enfer, et les cieux,

Sur ce combat illustre avaient fixé les yeux.

Bientôt les deux guerriers entrent dans la carrière.Henri du champ d’honneur leur ouvre la barrière.Leur bras n’est point chargé du poids d’un bouclierIls ne se cachent point sous ces bustes d’acier,

Des anciens chevaliers ornement honorable,Eclatant à la vue, aux coups impénétrable ;

Us négligent tous deux cet appareil qui rendEt le combat plus long, et le danger moins grand.Leur arme est une épée ; et, sans autre défense,Exposé tout entier, l’un et l’autre s’avance.

O Dieu, cria Turenne, arbitre de mon roi,Descends, juge sa cause,et combats avec moi ;

Le courage n’est rien sans ta main protectrice ;.l’attends peu de moi-même ,et tout de ta justice.D’Aumale répondit: J’a* tout de mon bras,*»C’est de nous que dépend le destin des combats.