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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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18a NOTES

mignons pour qui Henri III eut le plus de faiblesse :c’était un jeune homme d’un grand courage et d’unegrande espérance. Il avait fait de fort belles actions ausiégé d’Issoire, où il avait eu le malheur de perdre unœil. Cette disgrâce lui laissait encore assez de charmespour être infiniment du goût du roi ; on le comparait à laprincesse d’FJboli, qui, étant borgne comme lui, étaitdans le même temps maîtresse de Philippe II » roi d’Es-pagne. On dit que ce fut pour cette princesse et pourMaugiron qu’un Italien fit ces quatre beaux vers re-nouvelés depuis :

« Lumine Acon dextro, capta estLeonida sinistro,

« bit poterat formâ vincere uterque deos :

« Parve puer, lumen quod habes concédé puellæ ;

« Sic tu cæcus Amor, sic eritilia Venus. »

Maugiron fut tué en servant Quélus dans sa querelle.

Paul Stuart de Caussade de Saint-Maigrin, gentil-homme d’auprès de Bordeaux, fut aimé de Henri III au-tant que Quélus et Maugiron, et mourut d’une maniéréaussi tragique; il fut assassiné le o.i juillet delà mêmeannée, dans la rue Saint-Honoré, sur les onze heures dusoir, en revenant du louvre. Il fut porté à ce même hôtelde Boissy où étaient morts ses deux amis ; il y mourut lelendemain de trente-quatre blessures qu’il avait reçuesla veille. Le duc de Guise le balafré fut soupçonné de cetassassiuat, parceque Saint-Maigrin s’était vanté d’avoircouché avec la duchesse.de Guise. Les mémoires dutemps rapportent que le duc de Mayenne iut reconnu,parmi les assassins, à sa barbe large et à sa main laite enépaule de mouton. Le dut de Guise ne passait pourtantpoiïit pour uu homme trop sévere sur la conduite de safemme; etiln’y apas d’apparence que le duc de Mayenne,qui n’avait jamais fait aucune action de lâcheté, se fûtavili jusqu’à se mêler dans une troupe de vingt assassinspour tuer un seul homme.

Le roi baisa Saint-Maigrin, Quélus, et Maugiron, après