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en disant que les chirurgiens qui ouvrirent le corps de laireine ne touchèrent point à la tête , où l’on soupçonnaitque le poison avait laissé des traces trop visibles. On u'apoint voulu mettre ces soupçons dans.la bouche de HenriIV, parcequ’il est juste de se défier de ces idées quin’attribuent jamais la mort des grands à des causes natu-relles. Le peuple, sans rien approfondir, regarde tou-jours comme coupables de la mort d’un prince ceux àqui cette mort est utile. On poussa la licence de ces soup-çons jusqu’à accuser Catherine de Médicis de la mort deses propres enfants ; cependant il n’y a jamais eu depreuves , ni que ces princes, ni que Jeanne d’Albret dontil est ici question, soient morts empoisonnés.
Il n’est pas vrai, comme le prétend Mézerai, qu’onn’ouvrit point le cerveau de la reine de Navarre; elleavait recommandé expressément qu’on visitât avec exae«titude cette partie après sa mort. Elle avait été tourmen-tée toute sa vie de grandes douleurs de tête, accompa-gnées de démangeaisons, et avait ordonné qu’on cherchâtsoigneusement la cause de ce mal, afin qu’on pùt le guérirdans ses enfants s’ils en étaient atteints. La Chronologienovennaire rapporte formellemènt que Caillard son mé-decin, et Desnœuds son chirurgien, disséquèrent soncerveau, qu’ils trouvèrent très sain; qu’ils apperçurentseulement de petites bubes d’eau, logées entre le crâneet la pellicule qui enveloppe le cerveau, ce qu’ils jugè-rent être la cause des maux de tête dont la reine s’étaitplainte : ils attestèrent d’ailleurs qu’elle était morïfe d’uaabcès formé dans la poitrine. Il est à remarquer queceux qui l’ouvrirent étaient huguenots, et qu’apparem-ment ils auraient parlé du poison s’ils y avaient trouvéquelque vraisemblance. On peut me répondre qu’ils fu-rent gagnés par la cour : mais Desnceuds, chirurgien deJeanne d’Albret, huguenot passionné, écrivit depuis deslibelles contre la cour, ce qu’il n’eût pas fait s’il se fûtvendu à elle ; et dans ses libelles’il ne dit point que J eanued’Albret ait été empoisonnée. De plus, il n’est pas croya-ble qu’une femme aussi habile que Catherine de Médicis