CHAPITRE VI.
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de marier la princesse d’Écosse avec le fils du roi d’Angle-terre, et de la faire élever dans un château écossais, sousla garde et la garantie des protestants d’Allemagne. Sturmet ses collègues discutèrent ces conditions, à Calais, avecGuillaume Paget, un des ministres anglais, pour lequel lerecteur de Strasbourg conçut dès ce moment une vive af-fection. Mais de nouvelles difficultés sont suscitées; on nepeut pas s’entendre sur quelques formalités de préséance ;Sturm va de Calais à Ardres, et d’Ardres à Calais, pourvaincre les susceptibilités des uns et le mauvais vouloirdes autres ; enfin, grâce à ses démarches conciliatrices, laconférence a lieu le 26 novembre, près d’un village situésur la limite de la France et du territoire que possédaitencore l’Angleterre. Les plénipotentiaires français étaientPierre Raymond, premier président du parlement de Rouen,qui, en 1544 déjà, avait été employé dans ces négocia-tions , et l’évêque d’Angoulême, Babou de la Bourdaisière ;le roi d’Angleterre était représenté par Paget et par Ton-stall, évêque de Dunelm. Sturm leur exposa, dans une ha-rangue latine, l’objet de la mission des envoyés protes-tants et les conditions auxquelles la paix leur paraissaitpossible. La discussion qui succéda à ce discours n’aboutità rien; le lendemain, les intrigues de M. de Noiretour etles hésitations calculées des Anglais recommencèrent deplus belle ; le cardinal de Tournon, d’abord favorable à lamédiation par les protestants, changea d’idée et fit si bienque François 1 er en changea aussi ; il lui persuada qu’iln’était pas digne de lui de se servir des protestants pourproposer au roi d’Angleterre des conditions aussi bonnes.Sturm, informé de ces menées par l’évêque de Bayonne,Jean de Presse, se rendit avec celui-ci à la cour; le 5 dé-cembre ils soupèrent avec le cardinal de Tournon, puisconférèrent avec lui et avec le secrétaire d’État Claude deL’Aubespine; ils tombèrent d’accord de proposer à l’An-