LE GYMNASE ET LE CHAPITRE DE SAINT-THOMAS, ETC. 83
reur et même du pape le maintien des professeurs dansleurs fonctions et dans leurs traitements. Ces considéra-tions ne manquèrent pas de faire impression sur l’évêque.Erasme de Limbourg était un homme modéré, clairvoyant,blâmant les erreurs du catholicisme et ne défendant la pa-pauté que parce qu’elle lui semblait la seule sauvegarde del’unité 1 ; il était l’ancien ami de Slurm qui lui avait renduquelques services importants et qui, lors de son élection,avait conçu l’espoir de le voir s’appliquer à la réforme desabus dans les églises de son diocèse 2 ; cultivant les lettreset aimant le commerce des savants protestants, Erasmejouissait à Strasbourg de l’estime publique. D’ailleurs, unetransaction lui était facilitée par le pape lui-même, Paul III
1 Voici ce qu’après la mort de l’évèque Érasme, Sturm écrivit au comte Ri-chard , prévôt du grand-chapitre: «In hue vero religionis dissensions ,quant moderalus , quàm cautus, ut ne dissentientibus sententiis animidissiderent , et perturbaretur otiurn publicum. In Pontificibus milita re-quirebat, multa imprubabat, Pontificatum tamen ita defendebat, nonqualis esset, sed ut auctoritate Patrum, quorum erat studiosissimus ,constitulnm credidit, qua in re quod péri debebat poterat providers ,quod verà fieri per homines non poterat , ferre potuil, non potuit corri-gere. » Epistolœ de morte Erasmi.
- Lors de l’élection d’Érasme, en 1341, Sturm obtint, par son influenceauprès du cardinal Du Bellay, que François I" fît des démarches à Rome pourque l’évêque reçût le pallium sans autres frais que les frais ordinaires. (Sturmcontre Marbach, 1572.) — En 1342, le chapitre de Saint-Thomas arrêta, surla demande de Sturm, de faire à chaque évêque, régulièrement élu, un don ho-norifique , accompagné d’une lettre où serait exprimé le désir que le prélat seconsacrât à la «.pia et christiana reformatio ecclesiarum quœ ipsi créditéssunt.c Après l’Intérim, cet usage fut supprimé. — En 1546 , l’évêque char-gea Sturm de présenter pour la prébende de summissaire à Saint-ThomasLouis Carinus, ancien ami du recteur et médecin d’Érasme ; celui-ci le re-commandait à cause de ses connaissances, de son zèle pour l’instruction dela jeunesse et des services qu’il lui rendait à lui-même en organisant sa bi-bliothèque. Le chapitre, plein de déférence pour l’évèque et aimant Carinusu um b seiner gotseligkeit und érudition willen ,» l’accepta après quelquesdifficultés ; Carinus se soumit à l’examen canonique institué par le chapitre,et fut mis en possession de la prébende.
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