48 Brief« an Bonsteffen.
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Aout 1791. '
J’ai écrit, il y a liuit jours, á Genthod, ct s
on vous aura communiqué ma lettre, mon bien j
cher ami. C’est pourquoi je ne vous dis rien 1 ;
de son contenu. Vous aurez vu, que je n’ai fi
pas à me plaindre de VAllemagne. En effet, il s
ne me manque que la seule chose, qu’on ne me f
laissera jamais à une cour, et qui est pour moi h
ressenties: le teins; dont je regrette amèrement d
la perte. Je reconnois par l’expérience de six à
ans, qu’il n’y a que les lettres ct l’amitié, pour si
remplir toute mon ame. Je brûle d’ardeur pour 31
composer. II n’y a de vraie grandeur, que dans si
l’esprit de fíiomme (y compris son coeur), et de v
vrai pouvoir, que celui des bons écrivains; c’est ls
avec leur permission, que règnent les rois; ces v
deux ans l’ont bien montré. Cependant il est q
aussi vrai, que la pratique des affaires est d’une F
nécessité indispensable à ces docteurs de l’hu- p
manité, qui d’ailleurs risquent d’induire en de m
grandes erreurs, en prenant pour bon, ce qui F
n’est vrai que selon les écoles. C’est aussi ce, L
qui me déplaît dans le nouveau système des m
Français; il pouvoit être bon au sortir de l’arebe H
de Noë, ou plutôt avant la dépravation du genre ti
humain par des besoins et des passions sans fin, d,
qui ont fait inventer aux sages de tous les siè- ce
Clés des moyens, pour en modérer l’excès et la a\
trop grande violence. Eux, à présent, veulent j’<
reprendre tout le fil des égaremens, par les- d,
quels ont passé les divers états jusqu’à l’èpo- m
que, où ils ont pris une assiette fixe; et ce sera dr
le destin des arrière - neveux de revenir, après la
des combats et des dévastations innombrables, —
au point, oú il eût été si aisé de se tenir au-
jour-