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Briefe an Bonnet.
canon, qu il n’cn a pas coûté une goutte desang à personne, ct que 12 mille hommes ilestroupes des trois puissances sont entrés aussitranquillement dans notre ville, que s’ils yavoient été appelés par le consentement unani-me de tous les citoyens. J’avois toujours es-péré, que les réprésentans ne se dèsendroientpoint- Je fondois mes espérances sur i’intérêtpersonnel des chefs ; mais jamais il ne m'étoitvenu dans l’csprit, que les réprésentans scporteroient à faire de la cathédrale et de diver-ses maisons de constitutionnaires des magasinsà poudre. Je voudrois pouvoir effacer cetteatrocité des annales de ma patrie. Vous n'au-rez pas été moins agréablement surpris, quenous, de voir l’ancien ennemi de la républi-que s'unir au roi de France et au canton deBerne, pour assurer notre indépendanceet notre bonheur. Voilà de ces révolutions,que le politique aime à contempler. Aprèss’òtre acquitté des fonctions provisionnellesde généraux, le Marquis de Jaueourt etle comte de la Jlarmora ont revêtu cellesde plénipotentiaires. Le plan d’arrangementarrêté par le Conseil de Versailles est en-core secret, mais probablement on ne tar-dera pas á le rendre public. On soupçonne,qu'il renferme une nouvelle législation ou ungouvernement représentatif. Les conseils au-ront aussi à procéder au jugement criminel des21 proscrits par le manifeste des trois puis-sances; car elles ont abandonné ce jugementà la république, pour ménager son indépen-dance. Ceci ne sera pas peu embarrassant.Vous jugez facilement de la consternation etde rabattement des réprésentans et du déses-