Johannes von Müller Briefe.
21t
deux nation?; mais aujourd’hui tous les peuplesse rapprochent. Plusieurs autres scrupules sontvenus de la hauteur, avec laquelle le cardinalde Richelieu et bien plus encore le roi LouisXIV ont usés á l’égard des leurs voisins. Cen’est que cela qui a fait naître les vaines frayeursdes projets d’une monarchie universelle, dontle roi Guillaume se servit en s’en moquant.On a toujours dit, que le roi ne voudrait pasremplir ses engagemens; mais, dans ce cas ilme semble, qu’il n’aurait qu’à nc pas les pren-dre , et que, s’il nous veut du mal, il pourraitnous le faire, sans conclure une alliance avecnous et sans s’attirer la honte d’une perfidie. —Des vieux patriotes ont insistes sur la cor-ruption des mœurs nationales; mais sans re-chercher si la prétendue corruption n’est pasplutôt une correction, il paraît impossible au-jourd’hui que tout est mêlé de conserver les an-tiques coutumes d’un peuple au milieu de l’Eu-rope : il faudrait pour cet effet nous embarquerpour l’ìle de Robinson. On a ajouté que no-tre peuple réveillait dans le service étrangerson èsprit d’inquiétude, que ces soldats trou-blaient volontiers leur patrie; chose facile àempêcher, Iorsqu’on renforce les lois ct lors-qu’on prend de bonnes mesures. Enfin on aobjeté : que le bût de la constitution helvéti-que étant une possession tranquille des biens,que le pays produit, de la vie dont nous jouis-sons et des lois que nous avons établies, cha-que entreprise devait être jugée conformémentà ce but. II s’en faut de beaucoup, a-t-on dit,que notre pays soit aussi peuplé, qu’il devaitl'être, et que dans des certaines endroits (com-me dans le Xeuchatellois, l’Appenzellois et sur