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Johannês von Müller Bri-ft-
meilleurs amis! où mènerai -je utie vie plus.douce , dans une société plus éclairée ! Maisje ns me dissimule point le désavantagé qu’il.j- a pour tout écrivain à vivre dans des pays,où l’on ne parle pas sa langue; je sais que lalecture de ce qui paroît en Allemagne et desvoyages, que j’aurois pu faire de tems à autre,dans les provinces où l’on parle l’allemand leplus pur, auroient pù me sauver quelqueseffets de cet inconvénient; mais je ne suis pasassez vain pour me croire des forces que d’au-tres ne me trouvent pas , et je n’ai publié unvol. d'hist. Helvétique que pour être instruitpar la voix du public de ce que je suis ca-pable de faire.
Je suis fermement déterminé à me borneraux devoirs de la vie privée, si j’ai lieu de pré-sumer que mes efforts n’aboutiront qu’à pro-duire de tems à autre quelque écrit, trop mé-diocre pour pouvoir faire impression surl’éspritde ma nation. J’ai donc à rendre grâce à celuiqui dans les nouvelles littéraires qui paroissentdans votre ville, m’a désabusé des vaines espé-rances et des prestiges dont auroit pù m’éblouirla confiance trompeuse en ma capacité de fairele bien; il m’a rendu à moi même, il m’a rendule plus grand service qu’un mortel puisse re-cevoir d’un mortel, il m’a fait connoître à moi-même. II s’est trompé lorsqu’il a crù que j’avois.taché d'imiter un ancien auteur et aussi quandil a crû que je ne savois pas l’objection qu’on.fait aux actes de 3Iuri; mais ce sont là des vé-tilles que je n’ai garde de relever dans un.homme qui paroît avoir un excellent esprit.Quand j’ai vù qu’après un travail de dix ans,aprés six voyages, après la lecture de 8000 dor