Johannes von Müller Brief«.
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moitié, ct si je ne puis tout à fait remplir monbut de présenter un tableau touchant et vif desgrands hommes de l’ancien tems, j’aime mieuxrenoncer á l’entreprise. Veuillez, je vous sup-plie, mon cher ami, vous informer de celuiqui a fait l’article en question et le remercier dema part; il me sauve de pénibles travaux, desregrets, des chagrins; je lui dois de ne in'ètrepas déshonoré en décrivant joliment ce que jedevrois sentir fortement. II sera peut-être sur-pris de mes remercimens; mais priez le de nepas me confondre dans la foule ignoble desscribes qui à toute force veulent se faire impri-mer; j’aí écrit, parceque je croyois pouvoir ser-vir mon pays, voilà Punique avantage que j’enai prétendu retirer; je vois que j’en suis in-capable, cela suffit. Je ne me souviendrai dé-sormais que de ce que je dois à moi-même, etje saurai me respecter assez pour ne plus mecompromettre; cela me coûtera, je le crains;cependant il me sera plus aisé de vaincre mespassions, que de vaincre mon incapacité.
Cette lettre est un peu longue pour unelettre de divorce; mais on ne quitte pas sansquelque peine un objet qu’on a longtems ca-ressé; vous me le pardonnerez, c’est la der-nière foiblesse que je marquerai pour mon an-cienne passion.
En prenant congé de la république deslettres pour me ranger parmi la foule de sesadmirateurs, je souhaite que ses chefs (vousêtes du nombre) joignent à l'ardeur qui m’ani-ma de contribuer au bien public des forces suf-fisantes pour accomplir leurs nobles desseins,et qu’à la science et à Fesprit ils joignent desâmes élevées au-dessus du vulgaire, pour pou-3. v. MLllerS fámnttr. Werke, XXXVII. 15