AVANT CORNEILLE.
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même génération peut voir changer l’aspect du monde.Le temps de Marot touche de si près au dix-septièmesiècle que quelques hommes ont vu finir l’un et com-mencer l’autre. M lle de Gournav, fille adopüve de Mon-taigne, joue un rôle dans la plupart des anecdoteslittéraires des vingt premières années du dix-septièmesiècle. On la voit, dans la comédie des Académiciensde Saint-Évremond, disputant contre Bois-Robert etSerisay, en faveur des vieux mots pour lesquels ilparaît qu’elle conservait une grande tendresse*. Cha-pelain écrivait en 1632, à Godeau, depuis évêque deVence: « Nous manquâmes heureusement la demoi-selle de Montaigne, en la visite que M. Conrart et moilui fîmes il y a huit jours. Je prie Dieu que nous le fas-sions toujours de même chez elle ; et que, sans nousporter aux insolences de Saint-Amand, nous en soyonsaussi bien délivrés que lui 1 2 . » M lle de Gournay avaitalors soixante-sept ans. Les querelles et les parentéslittéraires qui avaient agité le temps de Ronsard dic-taient encore des vers à Regnier, mort jeune en 1613 3 ;et jusqu’en 1650, ou même au delà, les noms de Ron-
1 Acte u, scène 3, OEiwres de Saint-Évremond, t. I, édit. île 1753.
2 Mélanges de littérature, tirés des lettres manuscrites de M. Cha-pelain, p. 10, Paris, 1726.
3 Regnier, neveu de Desportes, élevait beaucoup Ronsard, parhumeur contre Malherbe qui avait témoigné assez de mépris pourles poésies de son onde.