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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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DE L’ÉTAT DE LA POÉSIE EN FRANCE

c’était le temps des pointes » Elles firent à cetteépoque une telle irruption que Boileau a cru devoir enconserver le souvenir, comme marquant une des épo-ques de ia littérature : rien de sérieux ne fut entière-ment à l’abri de leurs insultes ; elles n’eurent rien desacré :

Et le docteur en chaire en orna l’Évangile 5 .

Ce goût s’épuisa enfin, et fut banni de la littérature :

Toutefois à la cour les Turlupins restèrent,

pour y amuser au moins les gens qu’aurait fort embar-rassés la nécessité d’avoir de l’esprit.

Ainsi tout atteste et explique , dans le siècle etsous le règne des précieuses, l’existence et le besoinde cette grosse gaieté qu'on ne saurait satisfaire quepar des débauches d’esprit et par l’oubli momen-tané de la raison et des convenances; sorte d’ivresseassez semblable, dans ses effets et quelquefois dans sescauses, à cette ivresse du vin, chantée par quelquespoètes de cette époque avec plus de verve et d’origina-lité qu’on ne serait porté à en attendre. Formés par labonne compagnie , Voiture, Benserade, Sarrasin nedonnèrent point dans cette licence, trop grossière pourleur goût et trop poétique pour leur talent. Mais les

i Menagiana, t. II, p. 35.

5 Le petit Père André, augustin. (Note de Despréaux, sur l’Artpoétique, c. II, v. 12-2,)