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cher, dans leurs suffrages réciproques, un appui contrel’ignorance et les caprices de la multitude. Jamais detelles réunions n’avaient été plus nécessaires que dansla première moitié du dix-septième siècle, au milieud'un monde occupé de littérature, sans la connaître ;elles s’étaient formées naturellement et de tous côtés ;et naturellement aussi la plus distinguée par la répu-tation de ses membres, ou par leur situation dans lemonde , devait acquérir une puissance d’opinionqu’elle eût conservée par sa propre force, ou qu’ellen’eût perdue que pour se voir remplacée par une aulo-rilé semblable; car il fallait alors, pour la langue et legoût, une autorité à laquelle on pût recourir dans l’in-certitude de l’usage que chacun cherchait à fixer; etcelle qui fut instituée dans l’Académie française régnaau nom de l’usage qui aurait régné sans elle.
A la vérité, les premiers académiciens, dans uneferveur de législation qui les consola probablement del’honneur qu’on les avait forcés de recevoir, pro-posèrent plusieurs lois d’une sévérité aussi étrange quetyrannique; par exemple, Sirmond «vouloit que tousles académiciens fussent obligés, par serment, à em-ployer les mots approuvés par la pluralité des voix dansl’assemblée; » en sorte, comme le fait observer Pélisson,« que celui qui y aurait manqué, auroit commis, nonpas une faute, mais un péché ’.» Cette absurde propo-
> Histoire deV Académie. par Pélisson, p. 57-58.