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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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des Mystères. La comédie offrit des mœurs plus rele-vées que celles de la populace; la tragédie fut réser-vée aux aventures des rois et des princes : la coteriepoétique célébra avec transport cette invention ; « ceuxqui de ce temps-là jugeoient des coups, dit Pasquier,disoient que Ronsard étoit le premier des poètes, maisque Jodelle en étoit le daimon '.» Le froid mortel de cestragédies, presque entièrement composées de récits et demonologues, ne rebuta point des esprits que leur méprispour le spectacle des Confrères jetait dans l’extrémitéopposée, et l’indécence des comédies ne put révolterdans un temps où régnaient encore les farces.

Les deux genres dramatiques eurent donc alors enFrance des règles connues et approuvées des autoritéssouveraines en littérature : de la cour, qui, peu habile àse créer elle-même des plaisirs, accepte volontiers ceuxqu’on lui présente; des poètes et des savants, par qui lesnouvelles pièces étaient faites, jouées, applaudies, a. LaCléopâtre, tragédie de Jodelle, et la Rencontre, comédiedu même auteur, furent représentées devant le roiHenri, à Paris, en l’hôtel de Reims, avec un grand ap-plaudissement de toute la compagnie; et depuis encoreau collège de Roncourt, où toutes les fenêtres étaienttapissées d’une infinité de personnages d’honneur.... etles enlreparleurs étoient tous hommes de nom, car

i Pasqdier, I. VII, p. 703.