CORNEILLE.
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« avec les exemples de feu M. Hardy ’, et de quel-« ques modernes qui commençoient à se produire, et« n’étoierit pas plus réguliers que lui. » Aussi, selonses expressions, « Mélite n’a garde d’être dans lès« règles, puisque, ajoute-t-il, je ne savois pas alors« qu’il y en eût. » Il importait peu qu’il le sût:apprendre à resserrer dans les vingt-quatre heuresune intrigue à laquelle Corneille a donné l’étendued’un mois, était alors un progrès peu important àintroduire dans un art où tout était à créer, et qu’ilfallait fournir de sujets bien choisis et de sentimentsvrais et passionnés, avant de songer à y tracer, dans levide, des formes encore inutiles.
La raison' cependant avait indiqué à Corneille quel-ques-unes de ces formes. « Ce sens commun, dit-il,
« qui étoit toute ma règle, m’avoit fait trouver l’unité« d’action pour brouiller quatre amants par une seule« intrigue, et m’avoit donné assez d’aversion de cet« horrible dérèglement qui mettoit Paris, Rome et« Constantinople sur le même théâtre, pour réduire le« mien dans une seule ville 2 . » Mais là s’arrête l’artdu jeune Corneille; là se borne ce qu’il a su donner àla vérité de la représentation et à la vraisemblance de
i Hardy était mort à l’époque oit Corneille fit ses examens; mais ilvivait lors de la représentation de Mélite, et ne mourut que deux outrois ans après,a Examen de Mélite.