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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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déry parut moins ridicule; on vit même dans Claveret 1un digne et utile auxiliaire. Le cardinal faisait écrirepar Bois-Robert à Mairet, qui avait loué la Veuve et sedéclarait contre le Cid : « Son Éminence s’est fait lire« avec un plaisir extrême tout ce qui s’est fait sur le« sujet du Cid, et particulièrement une lettre qu’elle« a vue de vous. » Dans cette lettre, on appelait libellesles réponses de Corneille aux grossières injures de sesennemis, et sans les avoir lues, Son Éminence, surleurs répliques, « présupposoit qu’il avoit été l’agres-seur 5 . »

L’aigreur des ennemis de Corneille est facile à con-cevoir d’après l’humilité de leurs aveux. Scudéry com-mence ainsi son attaque contre le Cid : « Il est de« certaines pièces comme de certains animaux qui sont« en la nature, qui, de loin, semblent des étoiles, et« qui, de près, ne sont que des vermisseaux»; puis ils’étonne que des beautés si fantastiques « aient abuséle savoir comme l’ignorance, et la cour aussi bien quele bourgeois » ; et demandant grâce à ce public qu’il semet en devoir d’éclairer, il « conjure les honnêtes gens« de suspendre un peu leur jugement, de ne pas con-

f Auteur inconnu de quelques ouvrages dramatiques et autres,mauvais même pour ce temps.

1 Voyez la lettre de Bois-Robert à Mairet (préface sur le Cid, etdans le Recueil des Dissertations sur Corneille et Racine, par l’abbéGranet).

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