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CORNEILLE,
le cri universel de l’admiration est seul parvenu jusqu’ànous. On voit dès lors, pendant plusieurs années, leschefs-d’œuvre se succéder sans obstacle et presque sansinterruption : nous n’avons plus à chercher l’histoiredu théâtre dans un amas de conceptions informes oùl’on s’efforce en vain de découvrir une étincelle degénie ou un signe de perfectionnement ; ces enfants desténèbres osent encore se montrer quelque temps aprèsl’apparition du jour ; ils peuvent même se voir un mo-ment soutenus parle goût encore incertain d’un publiccapable d’admirer le clinquant, même après avoir étéfrappé de l’éclat de l’or; mais de telles œuvres nelaissent désormais dans l’histoire de l’art aucune tracede leur existence, et elles rendent aux ouvrages dugénie toute la place qu’elles avaient usurpée.
Jusqu’à Racine, l’histoire du théâtre est tout entièredans Corneille; l’histoire de Corneille est tout entièredans ses ouvrages. Forcé un moment de se mettre enscène pour la défense du Cid, il rentre aussitôt après dansl’obscurité personnelle qui convenait à la simplicité deses mœurs, et nous ne suivons que dans les monumentsde son génie la trace des efforts auxquels il se livrepour éviter les importunes clameurs de la critique,toujours embusquée sur le passage du grand homme,et attentive à révéler ses moindres écarts :
Au Cid persécuté Cinna doit sa naissance i,i Boileau, ÉpUre à Racine.