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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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la soutenaient ‘encore ; mais, entre ces deux pièces, onaperçoit Théodore, et Ton s’étonne de la chute qui vasuivre une élévation si soudaine et si prodigieuse. Cettechute sera relevée encore par de vigoureux élans;après Andromède, en faveur de laquelle je ne compte-rai pas le succès que lui obtini'enl la nouveauté dugenre et ces machines si merveilleuses pour le temps

senté en France. On a beaucoup discuté la question de savoir lequel deCalderon ou de Corneille avait été l’imitateur; toutes les probabilitéssont pour attribuer à Calderon la priorité, jusqu’à l’absurdité mêmede sa pièce, qui ne permet pas de supposer qu’il ait eu sous les yeuxun modèle raisonnable. Il est facile de s’expliquer comment Corneille,si exact sur ce point, n’a pas parlé des emprunts qu’il lui a faits, sil’on considère que ces emprunts se bornent d’abord à l’idée de faireIléraclius fils de Maurice, et de le faire élever avec un fils de Phocas,de manière à ce que celui-ci ne puisse distinguer l’un de l’autre,puis, à un très-petit nombre de vers résultant de cette situation;au reste, pas la plus légère ressemblance dans l’intrigue, non plusque dans les événements de l’avant-scène, que Calderon n’a pasprisl a peine de chercher à mettre d’accord avec l’histoire. Onpourrait supposer que Corneille n’aurait eu connaissance de la piècede Calderon que par quelque extrait envoyé en France dans letemps de la représentation, où il aurait trouvé l’idée de la situationprincipale et quelques vers marquants. Ce qui pourrait soutenircette supposition, c’est qu’on prétend que la pièce de Calderon n’aété imprimée qu’après 1615, époque de la représentation d’Héraclius.(Voyez Œuvres de Corneille, p. xxxv de l’avertissement, édition de1758.)

1 Cette ravissante pièce, selon les expressions des journaux dutemps (Voyez la Gazette de France, an 1650, p. 246), n’était cepen-dant pas la première pièce française, mêlée de musique et de ma-chines, représentée sur les théâtres de Paris. Hardy avait introduitdes chœurs dans quelques-unes de ses tragédies, et des machinesdans ses pastorales, et il paraît qu’on avait vu tous ces agrémentsréunis dans le Mariage d'Orphée et d’Eurydice, ou la grande Journée