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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

toujours d’un pas ferme à l’exécution de ses desseins, iln’a jamais éprouvé ni ees troubles d’esprit qui naissentde l’incertitude des devoirs, ni cette hésitation de vo-lonté qui vient du combat de deux affections, alors, aumoment où une circonstance impérieuse se présenteà lui, prompt et ferme, il écarte d’un coup tous lesobstacles, s’élance au but, et saisit brusquement celteheureuse nécessité qui le fait un grand homme. C’estce qui arrive quelquefois aux héros de Corneille : quandle caractère qu’il leur a donné devient une vertu, cettevertu soumet et gouverne l’homme tout entier, sessentiments comme sa situation ; et tout s’abaisse devantce caractère à la grandeur duquel rien ne manque plusdès qu’il a trouvé l’emploi de toute sa puissance.

Mais cette puissance ne trouve pas toujours de quois’employer dignement, et l’appareil de sa force offrequelquefois la pompe de l’étalage plutôt que l’activitéréelle du combat. Ainsi, dans Héraclius, Pulchérie s’é-puise contre Phocas en injures qui n’ont pas pour elleassez de difficulté ni de danger ; il lui manque une occa-sion où la hauteur de son mépris, l’inflexibilité et lafranchise de son ressentiment soient un courage et unevertu. Dans la situation de Nicomède, la nécessité debraver et d’insulter tout ce qui l’entoure n’est pas assezévidente pour que cette perpétuelle bravade ne paraissepas quelquefois hors de propos. L’inflexibilité d’Émilieest admirable si l’on ne pense qu’à la situation où l’a