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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

cessité de bien tenir son rang 'dans la société mettaitpresque le soin de se faire valoir au nombre desdevoirs, ou du moins des habitudes d’un homme decœur. Parler de soi-même était alors une des habi-tudes les plus communes. Balzac avait coutume, toutesles fois que cela lui arrivait dans la conversation, d’ôterson chapeau, par politesse apparemment envers ceuxqui l’écoutaient; un jour qu’il était enrhumé, Ménageprétendit que cela venait de la fréquence des occasionsqu’il se donnait lui-même d’ôter son chapeau; cetteplaisanterie les brouilla. « M. de La Rochefoucauld,« dit Segrais, étoit l’homme du monde le plus poli,« qui savoit garder toutes les bienséances, et surtout« qui ne se louoit jamais. M. de Roquelaure et M. de« Miossans avoient beaucoup d’esprit, mais ils se« louoient incessamment. Ils avoient un grand parti.« M. de La Rochefoucauld disoit, en parlant d’eux :« — Je me repens de la loi que je me suis imposée«de ne me pas louer : j’aurois beaucoup plus de« sectateurs si je le faisois. Voyez MM. de Roquelaure« et de Miossans, qui parlent deux heures de suite« devant une vingtaine de personnes, en se vantant« toujours ; parmi ceux qui les écoutent, il n’y en a« que deux ou trois qui ne peuvent les souffrir, et les« dix-sept autres les applaudissent et les regardent« comme des gens qui n’ont pas leurs semblables *. »

• Segraisiana, p. 32.