293 ÉCLAIRCISSEMENTS ET PIÈCES HISTORIQUES.
Qu’un trop vigilant commissaireRencontra fortuitementTout devant sa porte cochère.
Jugez un peu quel affront !
Corneille, en son cothurne, étoil au double montQuand il fut cité de la sorte;
Et, de peur qu’une amende honnît tous ses lauriers,Prenant sa muse pour escorte,
Il vint, comme le vent, au lieu des plaidoyers.
Mais il plaida si bien sa cause,
Soit en beaux vers ou franche prose,
Qu’en termes gracieux la police lui dit :
« La paille tourne à voire gloire;
Allez, grand Corneille, il suffit. »
Mais de la paille il faut vous raconter l’histoire,
Afin que vous sachiez commentElle étoil à sa gloire, en cet événement :
Sachez donc qu’un des fils de ce grand personnageSe'mêle, comme lui, de cueillir des lauriers,
Mais de ceux qu’aiment les guerriers,
Et qu’on va moissonner au milieu du carnage.
Or, ce jeune cadet, à Douai) faisant voir
Qu’il sait des mieux remplir le belliqueux devoir,
D’un mousquet espagnol, au talon, reçut niche,
Et niche qui le fit aller à clochc-pié ;
Si bien qu’en ce moment étant estropié,
Il fallut, quoi qu’il dît, sur ce cas, cent fois, briche,Toute sa bravoure cesserEt venir à Paris pour se faire panser.
Or ce fut un brancard qui, dans cette aventure,
Lui servit de voiture,
Étant de paille bien garni :
Et comme il entra chez son père,
Il s’en fit un peu de litière.
Voilà tout le récit fini,
Qui fait voir à la bourgeoisie(Il est bon que je le redie),
Qu’il faut, comme par ci-devant,
Qu’elle ait soin de tenir toujours net son devant. »