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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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SCARRON (PAUL).

gloire que lui procura cette petite victoire sur l’ennemicommun ne le dédommagèrent pas de la perte de sapension qui dès-lors cessa entièrement d’être payée,sans qu’il lui fût possible d’en obtenir ensuite le réta-blissement. La paix se fit ; les hommes puissants quil’avaient troublée obtinrent ou leur pardon ou desgrâces nouvelles; leur révolte même, les dangersqu’elle avait fait courir, les craintes qu’elle avait inspi-rées étaient, auprès d’une cour encore effrayée , destitres qu’ils n’avaient pas même besoin de faire valoir :mais que pouvait espérer un homme qui avait eu l’im-prudence de blesser sans aucun moyen de se fairecraindre? En vain Scarron se repentit, pria, confessamême la faute dont il sollicitait la rémission :

Par le malheur des temps, et surtout pour le mien,

J’ai douté d’un mérite aussi pur que le sieu ,

dit-il dans un sonnet à l’éloge de ce Jules, « autrefoisl’objet de l’injuste satire 1 ». C’était bien peu sans doute,après la Mazarinade, que d’avouer simplement desdoutes sur un « mérite aussi pur »; mais, après avoirperdu sa pension, c’était beaucoup trop que de louer lecardinal « de ne l’avoir pas jugé digne de sa colère 8 ».

1 Voyez t. 111, p. 418.

2 Ibid. II ajoute :

Je confesse un péché que j'aurois pu celer;

Mais le laissant douteux, je croirois lui voler

La plus grande action qu’il ait jamais pu faire.

On ne saurait pousser plus loin l’abnégation.