SCARRON (PAUL).
le protégé du cardinal, remplaça bientôt celle que luirefusait la reine.
Ce fut, à ce qu’il paraît, durant l’époque de détressequi dut suivre la suppression de sa première pension,qu’un nouvel hôte vint chercher un asile dans la mai-son de Scarron, qui le lui accorda avec sa facilité ordi-naire. Le choix était singulier; cet hôte était une reli-gieuse. Une femme qu’il avait aimée dans sa jeunesse,Céleste de Palaiseau, soit qu’elle eût été ou non sensibleà ses vœux, s’était depuis rendue à ceux d’un richegentilhomme qui lui avait promis de l’épouser, et quiensuite, se trouvant assez riche pour se dispenser desa promesse, l’avait rachetée au moyen d’une sommede quarante mille francs, avec lesquels M 11 * de Palaiseaus’était retirée au couvent de la Conception, qui venaitd’être fondé à Paris; les dépenses de l’établissement,trop considérables pour les fonds du couvent, ayantobligé les religieuses de faire banqueroute et d’aban-donner leur maison à leurs créanciers, elles se reti-rèrent, deux à deux, où elles purent. Dansl’état où étaitScarron, M IIC de Palaiseau le jugea apparemment sansrancune comme sans conséquence ; elle alla solliciterles souvenirs de son ancienne affection; Scarron la reçutchez lui avec sa compagne, et dans la suite il lui pro-cura le prieuré d’Argenteuil.
Cet homme, assez malheureux pour inspirer unetelle confiance, songeait cependant à se marier, et c’é-