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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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SCARRON (PAUL).

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de Didon nous fait paraître plus plaisant, dans le Virgiletravesti, le genre des injures dont elle fait choix pouren accabler Énée, qu’elle finit par appeler « Suisse, »et qu’elle menace de poursuivre après sa mort,

Pour lui faire partout hou, hou U

Tout ce que le Virgile travesti présente de piquant estdû à ce genre de contraste, à ce tour particulier del’imagination de Scarron que j’ai déjà remarqué dansle Typhon, et qui ne lui monlre jamais les objets quesous les formes les plus communes et avec les détails lesplus familiers de la vie ordinaire. A ses yeux le mer-veilleux disparaît, l’extraordinaire s’efface pour faireplace à ce qu’il voit tous les jours; il ne sait point ajou-ter au monstrueux ce qui pourrait le rendre grotesque ;ainsi ses Harpies avec

Leurs pattes en chapon rôti,

Leur nez long, leur ventre aplati s ,

n’offrent pas de figures plus étranges que celles deVir-gile; maisen mangeantet en gâtantle dîner des Troyens,elles se mettent à chanter des « chansons à boire 1 * 3 , »et les Harpies, représentées comme des ivrognes aucabaret, deviennent quelque chose de très-plaisant.

Une sorte de naturel enfantin se mêle aux actions et

1 Virgile travesti, L. IV, t. IV, p. 3i7.

s L. 111, t. IV, p. 237.

3 Wid. Page 258.

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