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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE DU MOYEN AGE. 1S. 4:7

trois ans de distance, Richard II et Charles YI montèrent surle trône (i3y7-i38o). Dans les deux royaumes, les mêmes causesamenèrent les mêmes effets. En Angleterre , la régence fut dis-putée par les trois oncles de Richard, les ducs d’York, de Lan-castre et de Glocester; en France, par les trois oncles de Charles,les ducs d’Anjou , de Berri et de Bourgogne. Les princes anglaisdissipèrent les finances déjà épuisées par les guerres du règneprécédent; les épargnes de Charles Y furent dilapidées par leduc d’Anjou , qui les employa aux stériles préparatifs de l’expé-dition de Naples, où iL devait laisser la vie (i3S/j). En France,le rétablissement des Aides et Gabelles produisit à Paris laterrible sédition des Mailloli ns (armés de maillets ), qui serépéta dans les principales villes du royaume; en Angleterre,l'impôt de la Capitation enfanta la révolte du forgeron Walt-Tyler, qui s’empara de Londres (1S81)* Pour dernière ressem-blance, Charles Yï alla battre les Flamands à Rosbeck, etRichard, les Ecossais, sans pouvoir ni l’un ni l’autre tirer partide leurs succès.

Les deux monarques en vinrent alors aux prises (i385). Lesducs de Bourgogne et de Çerri laissèrent brûler, dans le port del’Ecluse , les vaisseaux français qu’avait épargnés la tempête(i386). Deux trêves furent signées, Pune l’an i38q, et l’autrel’an 1390 ; celle-ci stipula le mariage de Richard II avec la fille deCharles YI. Dans l’intervalle des deux trêves, le roi françaistomba en démence. Incapable de gouverner l’Etat, il fut indi-gnement délaissé par la reine Tsabeau de Bavière ; les ducs deBourgogne et de Berri s’emparèrent de la régence , à l’exclusiondu jeune duc d’Orléans, frère du roi.

L’Angleterre n’était pas plus tranquille. Les cruautés de Ri-chard II excitèrent une révolte qui plaça sur le trône Henri deLancastre, au préjudice de la maison d’York, dont le chef avaitépousé l’héritière du duc de Clarence, frère aîné de Henri. Lesprinces français, occupés de leurs propres discordes, ne s’oppo-sèrent point à cette usurpation. Contenus par le duc de Bourbonet le prévôt Juvénal des Ursins, leur haine mutuelle ne se pro-duisit qu’en intrigues de cour et de pouvoir ; mais Jean Sans-Peur, fils et successeur de Philippe , duc de Bourgogne, fit assas-siner son rival , le duc d’Orléans (i 4°7)* Une confédération se