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Etudes sur la littérature et les moeurs de l'Angleterre au XIXe siècle / par Philarète Chasles
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DE LORD BYRON.

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style et de manière afin de les dérouter. Rien de plus odieuxpour un homme de talent, que cette troupe empres-séee sur ses pas, parodiant ses pensées, calquant le dessinde ses narrations, lui empruntant impitoyablement sa mi-santhropie, son dandysme, son dédain, et son enthou-siasme.

Byron ne dut sa puissance quà ce mélange extraordinairedune grande mobilité didées et dune faculté de concen-tration merveilleuse. Vous diriez un écho solitaire etélevé, d tous les bruits qui le frappent rejaillissent avecune énergie nouvelle. Lironie de Voltaire, le mysticisme deShelley, lidolâtrie de la nature, professée par Goethe dansWerther , le scepticisme de Bayle, lexaltation funèbredYoung, le pcrsifilage des romans de Voisenon, le coloriséclatant de madame de Staël, léloquence passionnée deRousseau ; rationalisme, piété, idéalisme, théosophie, mani-chéisme, non-seulement il ne repousse aucune de ces doc-trines ; mais il les embrasse et les adopte : elles ne se fixentpas dans son intelligence; elles la frappent seulement :elles en reviennent plus fortes, plus vives, plus ardentes ; illes saisit, non pour les faire siennes, dirait Montaigne, maiscomme leau dun lac sempare du paysage, comme le mi-roir sempare du feu quil augmente, comme la grotte ré-percute le son quelle grossit.

Lord Byron na peut-être pas jeté une seule idée dans lacirculation intellectuelle ; il a prêté sa puissance à toutesles idées. Caïn, admirable Mystère, repose sur le systèmeanté- diluvien de M. Cuvier et sur les malédictionsde Job. Les auteurs de Tristram Shandy et de Gilblas,Voltaire, Goethe, Labruyôre, YVieland et Swift semblentavoir fondu leurs couleurs dans lépopée interminableintitulée Don Juan. Childe-Harold, voyageur sentimental