362
PANTHÉISME
cris de (erreur. L’antélope bondit et passe devant votreporte entr’ouverte, comme la balle que fait jaillir la dé-tente d’un ressort; vous voyez le nylglutu fendre l’aircomme s’il avait des ailes, le héron gigantesque s’avanceragrands pas vers les rives du fleuve, le canard brahmaniquesuivre la même route en caquetant, et d’innombrables re-nards bleus, des civettes à la queue superbe et des troupesd’écureuils agiles occuper tous les replis du sol, des ar-bres, des édifices, des cavernes et des rivages. Les forêtsvierges de l’Amérique n’offrent rien de semblable à cettepuissance et h cette fécondité vitales. »
L’influence de ces causes physiques sur le caractère, lesmœurs, les idées, sur la naissance et la systématisation desreligions et des arts ne peut être douteuse. « Il y a dessituations et des époques, dit miss Emma Roberts, où lespaunkahs, vastes éventails toujours en mouvement, lespourdhas ou rideaux épais attachés devant les portes, lestaities ou tissus de jonc mouillé suspendus aux fenêtres,ne rendent pas l’atmosphère supportable. L’intérieur d’ungazomètre est moins ardent ; dès que vous sortez, vousvous sentez épuisé, vos membres défaillent, et la morsurede ce vent terrible écorche votre peau qui s’enlève. Chaquemeuble brûle la main. Le bois le plus dur craque et éclateavec la détonation d’un pistolet, et le linge que l’on tired’une armoire paraît avoir été placé devant un grand bra-sier. Toutes les chambres ressemblent à des fours que l’onaurait trop chauffés. Vous voyez les oiseaux se tramer l’ailebasse, le bec entr’ouvert, les chats persans embrasser deleur souple corps les cruches d’eau déposées dans les cham-bres de bains, ou s’étendant sur le gazon humide au pieddes tatties, recevoir avec délices une part des libations nom-breuses qui tombent sur ces nattes, et quelquefois, quand