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FUSION
christianisme n’y gagne guère ; le brahmanisme et leboudhisme y perdent. Les Hindous essaient même d’em-prunter à l’Europe quelques-unes de ses habitudes, sou-vent , il est vrai, comme les Otahitiens nos habits et noschapeaux, pour en faire un usage aussi incomplet quebaroque. On sert en général, chez les princes de l’Hin-doustan qui veulent traiter leurs hôtes à l’européenne,le thé et le café parfaitement froids. Miss Roberts racontequ’un Anglais qui se trouvait placé à table à côté d’ellechez le roi d’Aoûde, avait eu soin d’apporter un ré-chaud à esprit de vin et un vase. Son khiimoudgar avaitcaché la théière sous le fauteuil destiné à l’Anglais, et ceconvive, plus barbare que le roi barbare, non-seulementfaisait bouillir son eau et infuser son thé sur la table mêmedu roi, mais distribuait à ses voisins l’eau qui devait ré-chauffer leur breuvage. Le naivaub nominal du Bengale,qui vient de mourir, croyait se conformer à la politesse del’Europe en saluant toutes les dames qu’il rencontrait dansles chemins, connues ou inconnues. Déjà l’appartementdes femmes n’est plus fermé aux artistes. Sominerset-House possédait, il y a deux ans, le portrait d’une femmefavorite ou sultane du roi d’Aoûde, œuvre de M. GeorgoBeechy, peintre ordinaire de ce monarque, et qui a suc-cédé à M. Home dans ces attributions assez nouvelles pourune cour asiatique. Le même roi d’Aoûde, un de ces pe-tits princes qui ont soustrait leur principauté à la domina-tion immédiate des Anglais, mais qui n’en obéissent pasmoins, se plaît à recevoir les femmes anglaises à sa cour.Il les invite à déjeuner, et lorsqu’il est question de procé-der à la cérémonie du Itaârh, ou de la guirlande, que leroi fait tomber sur le col des convives, c’est un grand em-barras pour ce monarque, les chapeaux et les voiles s’op-