MISS IiURN'EY. h 03
curieux à titre de monument littéraire comme la vie deson père, le docteur Burncy, écrite par elle dans un patoisdoublement emphatique, qui rappelle à la fois le mauvaisstyle des deux pays. Veut-elle dire que son père monta envoiture, elle raconte que cet instrument Locomotif, autre-fois Luxe royal, aujourd’hui l’une des nécessités de la bour-geoisie conquérante, le transporta d’un lieu à un autre ; ils’agit d’un fiacre. — Sa description du rhumatisme pa-ternel et des suites de ce rhumatisme ne peut être ou-bliée ; Yithos et le pathos en font un morceau merveilleux.«Mon père, dit-elle, fut assailli, pendant son voyage si ra-pide, par les fureurs les plus redoutables auxquelles la ter-rible lut te des éléments abandonne la nature pendant lasaison hivernale. De mauvais arrangements domestiques etd’innombrables accidents qui s’y joignirent le livrèrent enproie aux impitoyables angoisses de ce spasme aigu quecause le rhumatisme, souffrance horrible qui lui permit àpeine d’atteindre son foyer domestique; bientôt il s’ytrouva, prisonnier torturé, confiné douloureusement dansun lit de supplice. Tel fut l’obstacle imprévu qui ploya sansla dompter la naissante volupté de son esprit, ce désir d’en-trer dans une nouvelle sphère de vie, dans le domaine de lacélébrité littéraire Ce fut en effet sur le lit du malade,échangeant le léger nectar d’Italie, de France et d’Alle-magne contre les noires potions des apothicaires, tenaillépar des douleurs lancinantes, et voué à l’incendie de lafièvre, qu’il comprit la plénitude de cet équilibre sublu-naire qui semble devoir éternellement rester suspendu au-dessus de l’accomplissement d’une félicité exquise et dé-sirée longtemps, mais qui fuit au moment même où ellemûrissait, prête à éclore pour le plaisir. »
Cela méritait d’être cité. La première partie du journal