PAR R. BROWNING.
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Paracelse, sur son lit de mort. — Parle-moi! Quej’entende ta voix ! Chante quelque vieille ballade. Je neveux point rêver!... parle-moi.
Festus, chantant. — « Le Mein est un fleuve charmantdont les flots coulent doucement, à travers les vallons, àtravers les prairies ; et ses petits flots qui bruissent font lamusique la plus douce. Il coule, il coule paresseux sous lesoleil qui brille, au milieu des joncs et des charmantes pri-mevères ; et de temps à autre l’abeille rase ses vagues enbourdonnant, et le martin-pêcheur qui plane, avec sonplumage de feu, y baigne le bout de son aile quand midisonne au clocher des hameaux... »
Paracelse. — Mon cœur s’éveille et se desserre lors- *que j’entends cette chanson de la jeunesse ; les ténèbrespassent, le serpent noir qui me pressait l’âme se dérouleenfin et me quitte. Ah ! Festus, je respire ! c’est toi, c’esttoi ! »
Festus console son ami, dont l’agonie s’éclaire d’un rayond’espoir :
« Esprit souverain (lui dit Festus ), maître, créateur,inventeur, ceux qui raillent les convulsions de ta vie semoqueront de l’Etna dont les profondeurs bouillonnent. Jet’ai connu, moi ! je te comprends, je te suis fidèle. Je t’aivu surgir et lutter. Je te vois mourir. O Dieu puis-sant, que je sois traité comme il le sera. Si tu m’avaiscréé fort comme lui, j’aurais failli comme lui. Advienne quepourra, je suis avec lui!... Mon Dieu! nous nous pré-sentons ensemble devant toi : punis-nous, ou récompense-nous ensemble ! »
L’élément dramatique s’est montré d’une manière unpeu plus prononcée dans deux ouvrages de Robert-Henri Horne, intitulés : La mort de Christophe Mar-