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Tome premier.
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DE L’ENCYCLOPÉDIE. 27

d’étudier ; les abstractions mathématiques nous en facilitent laconnaissance ; mais elles 11e sont utiles qu’autant qu’on ne s yborne pas.

C’est pourquoi, ayant en quelque sorte épuisé par les spécu-lations géométriques les propriétés de Fétendue figurée , nouscommençons par lui rendre l’impénétrabilité, qui constitue lecorps physique , et qui était la dernière qualité sensible dontnous l’avions dépouillé. Cette nouvelle considération entraînecelle de l’action des corps les uns sur les autres , car les corpsn’agissent qu’en tant qu’ils sont impénétrables; et c’est de làque se déduisent les lois de l’équilibre et du mouvement, objetde la mécanique. Nous étendons même nos recherches jusqu’aumouvement des corps animés par des forces ou causes motricesinconnues, pourvu que la loi suivant laquelle ces causes agissent,soit connue ou supposée l’être.

Rentrés enfin tout-à-fait dans le monde corporel, nous aper-cevons bientôt l’usage que nous pouvons faire de la géométrieet de la mécanique , pour acquérir sur les propriétés des corpsles connaissances les plus variées et les plus profondes. C’est àpeu près de cette manière que sont nées toutes les sciences ap-pelées physico-mathématiques. On peut mettre à leur tête Vas-tronomie, dont l’étude , après celle de nous-mêmes , est la plusdigne de notre application par le spectacle magnifique qu’ellenous présente. Joignant l’observation au calcul, et les éclairantl’un par l’autre, cette science détermine avec une exactitudedigne d’admiration les distances et les mouvemens les plus com-pliqués des corps célestes ; elle assigne jusqu’aux forces memespar lesquelles ces mouvemens sont produits ou altérés. Aussipeut-on la regarder à juste titre comme Vapplication la plussublime et la plus sure de la géométrie et de la mécanique ré-unies ; et ses progrès comme le monument le plus incontestabledu succès auquel l’esprit humain peut s’élever par ses efforts.

L’usage des connaissances mathématiques n’est pas moinsgrand dans l’examen des corps terrestres qui nous environnent.Toutes les propriétés que nous observons dans ces corps ont entreelles des rapports plus ou moins sensibles pour nous: la con-naissance ou la découverte de ces rapports est presque toujoursle seul objet auquel il nous soit permis d’atteindre , et le seul parconséquent que nous devions nous proposer. Ce n’est donc pointpar des hypothèses vagues et arbitraires que nous pouvons espérerde connaître la nature , c’est par l’étude réfléchie des phéno-mènes, parla comparaison que nous ferons des uns avec lesautres , par l’art de réduire, autant qu’il sera possible , ungrand nombre de phénomènes à un seul qui puisse, en être re-