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Tome premier.
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DE L’ENCYCLOPÉDIE. 29

Elle diffère des sciences physico-mathématiques, en ce qu’ellen’est proprement qu’un recueil raisonné d’expériences et d’ob-servations ; au lieu que celles-ci, par l’application des calculsmathématiques à l’expérience , déduisent quelquefois d’une seuleet unique observation un grand nombre de conséquences quitiennent de bien près par leur certitude aux vérités géométriques.Ainsi une seule expérience sur la réflexion de la lumière donnetoute la catoptrique ou science des propriétés des miroirs ; uneseule sur la réfraction de la lumière produit l’explication ma-thématique de l’arc-en-ciel, la théorie des couleurs , et toute ladioptrique ou science des propriétés des verres concaves etconvexes; d’une seule observation sur la pression des fluides,on tire toutes les lois de l’équilibre et du mouvement de ces corps ;enfin , une expérience unique sur l’accélération des corps quitombent, fait découvrir les lois de leur chute sur des plans in-clinés , et celles du mouvement des pendules.

11 faut avouer pourtant que les géomètres abusent quelquefoisde cette application de l’algèbre à la physique. Au défaut d’ex-périences propres à servir de base à leur calcul, ils se permettentdes hypothèses , les plus commodes à la vérité qu’il leur est pos-sible ; mais souvent très-éloignées de ce qui est réellement dansla nature. On a voulu réduire en calcul jusqu’à l’art de guérir;et le corps humain, cette machine si compliquée, a été traitépar nos médecins algébristes comme le serait la machine la plussimple ou la plus facile à décomposer. C’est une chose singulièrede voir ces auteurs résoudre d’un trait de plume des problèmesd’hydraulique et de statique capables d’arrêter toute leur vie lesplus grands géomètres. Pour nous , plus sages ou plus timides,contentons-nous d’envisager la plupart de ces calculs et de cessuppositions vagues comme des jeux d’esjjrit auxquels la naturen’est pas obligée de se soumettre ; et concluons que la seule et vraiemanière de philosopher en physique, consiste ou dans l’applica-lion de l’analyse mathématique aux expériences, ou dans l’ob-servation seule , éclairée par l’esprit de méthode , aidée quel-quefois par des conjectures lorsqu’elles peuvent fournir des vues ,mais sévèrement dégagée de toute hypothèse arbitraire.

Arrêtons-nous un moment ici, et jetons les yeux sur l’espaceque nous venons de parcourir. Nous y remarquerons deux limitesou se trouvent, pour ainsi dire, concentrées presque toutes lesconnaissances certaines accordées à nos lumières naturelles.L’une de ces limites , celle d’où nous sommes partis, est l’idéede nous-mêmes, qui conduit à celle de l’Etre tout-puissant, etde nos principaux devoirs. L’autre est cette partie des mathé-matiques qui a pour objet les propriétés générales des corps,