52 DISCOURS PRÉLIMINAIRE
rang cette science y occupe , pour connaître la place que l’ar-ticle doit avoir dans l’Encyclopédie, S’il arrive que le nom. dela science soit omis dans l’article, la lecture suffira pour con-naître à quelle science il se rapporte ; et quand nous aurions, parexemple, oublié d’avertir que le mot bombe appartient à l’art mili-taire, et le nom d’une ville ou d’un pays à la géographie, nouscomptons assez sur l’intelligence de nos lecteurs, pour espérerqu’ils ne seraient pas choqués d’une pareille omission. D’ailleurs,par la disposition des matières dans chaque article, surtoutlorsqu’il est un peu étendu , on ne pourra manquer de voir quecet article tient à un autre qui dépend d’une science différente,celui-là à un troisième, et ainsi de suite. On a tâché que l’exac-titude et la fréquence des renvois ne laissassent là-dessus rien àdésirer; car les renvois, dans ce dictionnaire, ont cela de parti-culier, qu’ils servent principalement à indiquer la liaison desmatières , au lieu que dans les autres ouvrages de cette espèce,ils ne sont destinés qu’à expliquer un article par un autre.Souvent même nous avons omis le renvoi, parce que les termesd’art ou de science sur lesquels il aurait pu tomber, se trouventexpliqués à leur article, que le lecteur ira chercher de lui-mêine.C’est surtout dans les articles généraux des sciences qu’on atâché d’expliquer les secours mutuels qu’elles se prêtent. Ainsitrois choses forment l’ordre encyclopédique : le nom de lascience à laquelle Varticle appartient ; le rang de cette sciencedans l’arbre ; la liaison de l’article avec d’autres dans la memescience ou dans une science différente ; liaison indiquée par lesrenvois, ou facile à sentir au moyen des termes techniques ex-pliqués suivant leur ordre alphabétique. Il ne s’agit point icides raisons qui nous ont fait préférer dans cet ouvrage l’ordrealphabétique à tout autre; nous les exposerons plus bas, lorsquenous envisagerons cette collection comme dictionnaire dessciences et des arts.
Au reste, sur la partie de notre travail qui consiste dansl’ordre encyclopédique, et qui est plus destiné aux gens éclairésqu’à la multitude , nous observerons deux choses : la première ,c’est qu’il serait souvent absurde de vouloir trouver une liaisonimmédiate entre un article de ce dictionnaire et un autre articlepris à volonté ; c’est ainsi qu’on chercherait en vain par quelsliens secrets section conique peut être rapprochée A’accusatif.L’ordre encyclopédique ne suppose point que toutes les sciencestiennent directement les unes aux autres. Ce sont des branchesqui partent d’un même tronc , savoir de l’entendement humain.Ces branches n’ontsouvent entre elles aucune liaison immédiate,et plusieurs ne sont réunies que par le tronc même. Ainsi,