92 DISCOURS PRÉLIMINAIRE
lettres de Prusse. Cet illustre académicien avait médité undictionnaire tel à peu près que le nôtre ; et il nous a généreuse-ment sacrifié la partie considérable qu’il en avait exécuté , etdont nous ne manquerons pas de lui faire honneur. Ce sontencore des recherches, des observations que chaque artiste ousavant, chargé d’une partie de notre dictionnaire, renfermaitdans son cabinet, et qu’il a bien voulu publier par cette voie.De ce nombre seront presque tous les articles de grammairegénérale et particulière. Nous croyons pouvoir assurer qu’aucunouvrage connu ne sera ni aussi riche, ni aussi instructif quele nôtre sur les règles et les usages de la langue française,et même sur la nature, l’origine et le philosophique des languesen général. Nous ferons donc part au public , tant sur lessciences que sur les arts libéraux, de plusieurs fonds littérairesdont il n’aurait peut-être jamais eu connaissance.
Mais ce qui ne contribuera guère moins à la perfection deces deux branches importantes, ce sont les secours obligeansque nous avons reçus de tous côtés : protection de la part desgrands, accueil et communication de la part de plusieurssavans , bibliothèques publiques , cabinets particuliers, recueils,portefeuilles, etc., tout nous a été ouvert, et par ceux qui culti-vent les lettres et par ceux qui les aiment. Un peu d’adresse etbeaucoup de dépense ont procuré ce qu’on n’a pu obtenir de lapure bienveillance, et les récompenses ont presque toujourscalmé les inquiétudes réelles ou les alarmes simulées de ceuxque nous avions à consulter.
M. Falconet, médecin consultant du roi, et membre del’Académie royale des belles-lettres, possesseur d’une biblio-thèque aussi nombreuse et aussi étendue que ses connaissances ,mais dont il fait un usage encore plus estimable, celui d’obligerles savans en la leur communiquant sans réserve , nous a donnéà cet égard tous les secours que nous pouvions souhaiter. Cethomme de lettres , citoyen , qui joint à l’érudition la plus variéeles qualités d’homme d’esprit et -de philosophe , a bien vouluaussi jeter les yeux sur quelques uns de nos articles, et nousdonner des conseils et des éclaircissemens utiles.
Nous ne sommes pas moins sensibles aux obligations quenous avons à M. l’abbé Sallier , garde de la bibliothèque duroi : il nous a permis, avec cette honnêteté qui lui est naturelleet qu’animait encore le plaisir de favoriser une grande entre-prise, de choisir dans le riche fonds dont il est dépositaire, toutce qui pouvait répandre de la lumière ou des agrémens surnotre Encyclopédie. On justifie , nous pourrions même direqu’on honore le choix du prince, quand on sait se prêter ainsi