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Tome premier.
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AVERTI S S FM EN T. 117

écrits qui ne sont destinés qu’à instruire ; et ce sont même souventles esprits les plus froids qui se montrent sur ce point les plus diffi-ciles à satisfaire. Ou croirait que c’est par le besoin qu’ils ont d’êtreranimés, si on ne savait que la chaleur du style n’a pas le mêmeavantage que la chaleur physique, celui de fondre la glace. Pourmoi, qui n’aspire pas à l’honneur de l’éloquence, mais qui heureu-sement traite des matières où elle n’est pas d’obligation, où peut-êtremême elle serait nuisible, je n’ai jamais eu pour point de vue dansmes écrits que ces deux mots, clarté et vérité; et je me tiendrais fortheureux d’avoir rempli cette devise, persuadé que la vérité seuledonne le sceau de la durée aux ouvrages philosophiques ; qu’un écri-vain qui s’annonce pour parler à des hommes ne doit pas se bornerà étourdir ou amuser des enfans; et que l’éloquence est bientêrt ou-bliée quand elle n’est employée qu’à orner des chimères, ha flammed’esprit-de-vin n’échauffe guère et s’éteint bien vite; il faut nourrirle feu de matières solides pour que la chaleur soit sensible et durable.

On n’espère donc et on ne désire même d’autres lecteurs que ceuxqui ne craindront ni d’être rebutés par des matières sèches, ni d’êtrerefroidis par un style qu’on a tâché seulement de rendre clair etprécis. Ils feront bien, avant de lire chaque Eclaircissement , de jeterles yeux sur l’endroit des Élémens de Philosophie qui y est relatif.C’est en faveur de ceux qui ont déjà ces Elémens que les Eclaircis~semens n’ont point été refondus dans le corps de l’ouvrage.

A la suite de ces Eclaircissemens on trouvera deux pièces dontl’objet a aussi rapport à la philosophie.

La première expose des doutes sur certains principes généralementreçus dans le calcul des probabilités. Je ne sais si ces doutes sont aussifondés qu’ils me le paraissent ; mais je crois du moins avoir prouvéque de très-habiles mathématiciens ont supposé tacitement et sanss en apercevoir, dans plusieurs savantes recherches, des principessemblables à ceux que je tâche d’établir.

La seconde pièce contient des réflexions sur l’inoculation, qui pour-raient bien ne pas contenter tout le monde. Les considérations d’aprèslesquelles je crois qu’on doit se déterminer en sa faveur, ne paraî-tront peut-être pas concluantes à plusieurs même de ses partisans :je suis d’autant plus porté à le croire qu’ils ne feront en cela qu’userde représailles ; car je n’ai point dissimulé, et j’ai tâché même defaire voir démonstrativement, l’insuffisance des principales raisonsdont la plupart des inoculateurs ou inoculistes se sont appuyés jus-qu’ici. Je n’en dirai pas davantage sur ce sujet ; si l’inoculation ,comme je Je crois , est véritablement utile, il importe à ses progrèsque sa cause ne soit pas mal défendue ; c’est au public à juger si j’aiété plus heureux que les autres.

Les cinq morceaux suivans sont de pure littérature.

Lesquatre premiers ont été lus à l’Académie Française en différentesoccasions. Les deux écrits sur la Poésie , et surtout le premier, ontexcité dans le temps et vraisemblablement exciteront encore les cia •