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le mouvement de notre corps, soit parle mouvementées corps quinous environnent, nous apercevrons bientôt qu’il y a quelques unesde ces portions d’étendue figurées et colorées que nous voyons tou-jours , et qui nous affectent constamment de la même manière ,tandis que les autres varient continuellement et nous offrent sanscesse un nouveau spectacle. N’est-ce pas une raison suffisantepour conclure la différence de l’étendue qui est nôtre d’aveccelle qui est hors de nous? Il me paraît au moins certain qu’é-tant bornés à la vision, nous remarquerions deux sortes d’étendue,dont l’une ne nous abandonnerait jamais , et l’autre paraîtrait etdisparaîtrait successivement ; que dans cette étendue mobile etvariable , nous distinguerions des parties placées les unes horsdes autres, et par conséquent aussi plus ou moins distantes de laportion d’étendue qui nous est toujours présente. Supposonsmaintenant que nous puissions , par le seul acte de notre volonté,rapprocher ou éloigner cette dernière portion d’étendue de cellesqui l’environnent, tandis que nous ne pouvons ni la rapprocherni l’éloigner elle-même, ni, en un mot, empêcher qu’elle ne noussoit toujours présente, pendant que les autres le sont ou cessentde l’être à notre volonté; n’en conclurons-nous pas que ces por-tions d’étendue environnantes sont réellement distinguées denous?
« Cette conclusion , dira-t-on peut-être , n’est pas exacte ;» tout ce que nous pouvons conclure de la manière différente» dont les parties de l’étendue nous affectent, c’est qu’il y a des» parties de nous-mêmes qui sont permanentes , et d’autres qui» sont variables. » Mais quand nous apercevons par le toucherdes portions de matière qui nous rendent sensation pour sensation,et d’autres qui ne nous la rendent pas, pourquoi ne conclurions-nous pas aussi qu’il y a une portion de nous-mêmes qui nousrend sensation pour sensation, et une autre portion qui la donnesans la recevoir? Cependant nous ne tirons pas cette conclusion,et nous concluons au contraire que ces portions d’étendue quinous procurent des sensations simples et sans réplique, ne nousappartiennent point. Ne sommes-nous donc pas autorisés à con-clure aussi que ces portions d’étendue, qui sont tantôt présentes,tantôt absentes pour nous, sont distinguées de nous-mêmes? Jeconviendrai sans peine que cette conclusion n’est pas démons-trative , pourvu qu’on m’accorde en même temps qu’elle nousentraîne avec autant de force que l’évidence même.
Si j’ose dire la vérité, il me semble que comme nos sensationsne nous démontrent point en rigueur qu’il y a des êtres diffé-rens de nous, ces mêmes sensations ne nous démontrent pas nonplus en rigusur oh se termine notre corps ; que nous acquérons