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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. sog

la société, et de l’y conduire; c’est au missionnaire à l’attirerensuite au pied des autels.

La connaissance des principes moraux qui précède la con-naissance de l’Etre suprême, est elle-même précédée par d’autresconnaissances. C’est par les sens que nous apprenons quels sontnos rapports avec les autres hommes et nos besoins réciproques ;et c’est par ces besoins réciproques que nous parvenons à con-naître ce que nous devons à la société , et ce qu’elle nous doit :il semble donc qu’on peut définir ^très-exactement l’injuste, ouce qui revient au même le ma! moral , ce qui tend à nuire àla société en troublant le bien-être phjsique de ses membres.En effet, le mal physique est la suite ordinaire du mal moral;et comme nos sensations suffisent, sans aucune opération denotre esprit, pour nous donner l’idée du mal physique, il estévident que, dans l’ordre de nos connaissances, c’est cette idéequi nous conduit à celle du mal moral, quoique l’une et l’autresoient de nature différente. Que ceux qui nieront cette véritésupposent l’homme impassible , et qu’ils essaient de lui faireacquérir dans cette hypothèse la notion de l’injuste.

Mais cette notion en suppose une autre , celle de la liberté ;car si l’homme n’était pas libre, toute idée de mal se réduiraitau mal physique. C’est donc renverser l’ordre naturel des idées,que de vouloir prouver l’existence de la liberté par celle du bienet du mal moral. C’est prouver une vérité qui n’est que de sen-timent, c’est-à-dire de l’ordre le plus simple, par une véritésans doute aussi incontestable, mais qui dépend d’une suite denotions plus combinées. Nous disons que l’existence de la libertén’est qu’une vérité de sentiment, et non pas de discussion ; ilest facile de s’en convaincre. Car le sentiment de notre libertéconsiste dans le sentiment du pouvoir que nous avons de faireune action contraire à celle que nous faisons actuellement; l’idéedelà liberté est donc celle d’un pouvoirqui ne s’exerce pas, et dontl’essence même est de ne pas s’exercer au moment que nous le sen-tons ; cette idée n’est donc qu’une opération de notre esprit, parlaquelle nous séparons le pouvoir d’agir d’avec l’action même,en regardant ce pouvoir oisif, quoique réel, comme subsistantpendant que l’action n’existe pas. Ainsi la notion de la liberténe peut être qu’une vérité de conscience. En un mot, la seulepreuve dont cette vérité soit susceptible est analogue à celle del’existence des corps ; des etres réellement libres n’auraient pasun sentiment plus vif de leur liberté que celui que nous avonsde la nôtre : nous devons donc croire que nous sommes libres.D’ailleurs , quelles difficultés pourrait présenter cette grandequestion, si on voulait la réduire au seul énoncé net dont elle

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