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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. 3 ig

d’hui tant de progrès , n’est pas d’ailleurs une spéculation ste'rile,et dont le mérite se borne à la grandeur de sou objet et à la dif-ficulté de le saisir. Cette recherche doit contribuer encore très-efficacement à l’avancement rapide de l’astronomie proprementdile. Car on ne pourra se flatter d’avoir trouvé les véritablescauses des mouvemens des planètes, que lorsqu’on pourra assi-gner par le calcul les effets que peuvent produire ces causes , etfaire voir que ces effets s’accordent avec ceux que l’observationnous a dévoilés. Or la combinaison de ces effets est assez consi-dérable , pour qu’il en reste encore beaucoup à découvrir ; parconséquent, dès qu’une fois on en connaîtra bien le principe,les conclusions géométriques que l’on en déduira feront en peude temps apercevoir et prédire même des phénomènes cachés 'et fugitifs , qui auraient peut-être eu besoin d’un long travailpour être connus, démêlés et fixés par l’observation seule.

Soit que les anciens ne fussent pas assez exactement instruitsdes phénomènes célestes pour entreprendre de les expliquer endétail ; soit que leur physique consistât plus dans la recherchedes faits que dans celle des causes ; soit enfin qu’ils n’eussent pasfait assez de progrès dans les sciences physico-mathématiques,pour être en état de réduire aux lois de la mécanique les mou-vemens des corps célestes ; leurs ouvrages n’ont presque étéd’aucun secours sur ce point aux philosophes qui sont venusdepuis. Il est vrai que les différentes hypothèses imaginées parles modernes pour expliquer le système du monde , l’avaientdéjà été par les anciens; et on n’en sera pas surpris, si on consi-dère qu’en ce genre les hypothèses vraisemblables se présententassez naturellement à l’esprit, que les combinaisons d’idées gé-nérales doivent être bientôt épuisées, et par une espèce de ré-volution forcée, être successivement remplacées les unes par lesautres. C’est par cette raison , sans doute , que nous n’avons au-jourd’hui dans notre physique presque aucun principe général,dont l’énoncé ou du moins le germe ne se trouve chez les an-ciens. C’est peut-être aussi pour cela que la philosophie modernes’est rapprochée sur plusieurs points de ce qu’on a pensé dansla premier âge de la philosophie ; parce qu’il semble que la pre-mière impression de la nature est de nous donner des idées jus-tes , qu’on abandonne bientôt par incertitude ou par amour dela nouveauté, et auxquelles enfin on est forcé de revenir. Quoiqu’il en soit, ce que les anciens ont imaginé sur le système dumonde, ou du moins ce qui nous reste de leurs opinions là-dessus, est si vague et si mal prouvé, qu’on n’en saurait tireraucune lumière reelle. On n’y trouve point cps détails précis ,exacts et profonds, qui sont la pierre de touche de la vérité d’un