DE PHILOSOPHIE. 3ai
«ne hypothèse par sou accord admirable avec les observations as-tronomiques.
Parmi les différentes suppositions que nous pouvons imaginerpour expliquer un effet, les seules dignes de notre examen sontcelles qui par leur nature nous fournissent des moyens infail-libles de nous assurer si elles sont vraies. Le système de la gra-vitation est de ce nombre, et mériterait par cela seul l’attention 'des philosophes. On n’a point à craindre ici cet abus du calculet de la géométrie, dans lequel les physiciens ne sont que tropsouvent tombés pour défendre ou pour combattre des hypothèses.Les planètes étant supposées se mouvoir, ou dans le vide, ou aumoins dans un espace non résistant, et les forces par lesquelleselles agissent les unes sur les autres étant connues, c’est un pro-blème purement mathématique, que de déterminer les phéno-mènes qui en doivent naître : on a donc le rare avantage depouvoir juger irrévocablement du système newtonien, et cetavantage ne saurait être saisi avec trop d’empressement ; il seraità souhaiter que toutes les questions de la physique pussent êtreaussi incontestablement décidées. Ainsi on ne pourra regardercomme vrai le système de la gravitation, qu’après s’être assurépar des calculs précis qu’il répond exactement aux phénomènes ;autrement l’hypothèse newtonienne ne mériterait aucune préfé-rence sur celle des tourbillons, par laquelle on explique à lavérité bien des circonstances du mouvement des planètes, maisd’une manière si incomplète , et pour ainsi dire si lâche , que siles phénomènes étaient tout autres qu’ils ne sont, on les expli-querait toujours de même , très-souvent aussi bien, et quelque-fois mieux. Le système de la gravitation ne nous permet aucuneillusion de cette espèce ; un seul article où l’observation démen-tirait le calcul ferait écrouler l’édifice , et reléguerait la théorienewtonienne dans la classe de tant d’autres que l’imagination aenfantées, et que l’analyse a détruites.
L’accord qu’on a remarqué entre les phénomènes célestes etles calculs fondés sur le système de la gravitation , accord qui sevérifie tous les jours de plus en plus, semble avoir pleinementdécidé les philosophes en faveur de ce système. Les preuves ensont répandues dans une infinité d’ouvrages, et le précis de cespreuves doit se trouver dans des élémeus de philosophie. C’estpar un pareil examen, par une analyse rigoureuse des faits,qu il faut juger la philosophie newtonienne , et non par des rai-. sonnemens métaphysiques, aussi peu propres à détruire unehypothèse qu’à l’établir. Ne pouvant entrer ici dans ce détail,nous nous bornerons à exposer ce qu’il nous semble qu’on doitpenser en général du système de la gravitation, des applications