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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. 3?,5

et qu’elle vient d’une cause qui pénètre les corps; au lieu quel’impulsion est proportionnelle à la quantité de surface. Enfin,ce qui semble dévoiler pleinement la manière dont M. Newtonpensait à cet égard , c’est qu’il a consenti qu’on imprimât à la tètede la deuxième édition de ses principes la fameuse préface, danslaquelle M. Cotes, son disciple, dit expressément que l’attractionest une propriété aussi essentielle à la matière que l’impénétra-bilité et l’étendue ; assertion qui nous paraît trop précipitée,quelque sentiment qu’on suive d’ailleurs sur la nature de laforce attractive. Car cette force pourrait être une propriétéprimordiale , un principe général de mouvement dans la nature,sans être pour cela une propriété essentielle de la matière. Dèsque nous concevons un corps, nous le concevons étendu, impé-nétrable , divisible et mobile ; mais nous ne concevons pas néces-sairement qu’il agisse sur un autre corps. La gravitation , si elleest telle que la conçoivent les attractionnaires décidés , ne peutavoir pour cause que la volonté d’un être souverain, qui auravoulu que les corps agissent les uns sur les autres à distanceComme dans le contact.

Quoi qu’il en soit, fiit—il absolument impossible de réduire laforce attractive aux lois de l’impulsion, c’est aux ohénomènesseuls à nous décider sur l’existence de cette force. Si parmi ceuxque nous connaissons ou que nous découvrirons dans la suite, ils’en trouvait quelques uns de contraires à l’attraction , nos géo-mètres en seraient plus embarrassés, et nos métaphysiciens plusà leur aise. Mais s’ils décidaient en sa faveur, il faudrait bienprendre le parti de l’admettre, dût-on se résoudre à n’avoir pasune idée plus nette de la vertu par laquelle les corps s’attirentque de celle par laquelle ils se choquent. Croit-on en effet avoirune idée claire de la vertu impulsive des corps? Quoiqu’il soitbien prouvé qu’une portion de matière mise en mouvement doitcommuniquer une partie de ce mouvement à une autre portionde matière qu’elle rencontre, peut-on concevoir d’une manièredistincte cette vertu secrète par laquelle le mouvement se trans-met d’un corps dans un autre ? Les phénomènes nous prouventl’existence de la matière, sans nous rien apprendre sur sa nature.Les mêmes phénomènes nous font connaître les forces qui agis-sent sur elle, sans nous éclairer sur la nature de ces forces.

L extension du principe de l’attraction aux corps qui nousenvironnent, est encore un point sur lequel les philosophes nesauraient etre trop réservés. En premier lieu , la manière donton explique par cette dernière attraction plusieurs phénomènes,n est pas à beaucoup près aussi précise que celle dont on expliquepar le même principe les phénomènes astronomiques. En second