Dü MONDE. 375
rabaisser, ne pourrait-elle pas s'appliquer avec raison ce qu’unécrivain éloquent et philosophe a dit de son siècle, qui à plusieurségards ressemblait assez au nôtre ? Nec ornnia apud prioresmeliores, sed noslra quoque estas qitœdam artium et laudisimitamenta posleris tulit.
Malgré tous mes efforts pour remplir avec soin les différensobjets que je me suis proposés, je suis bien éloigné de croire lesavoir épuisés. Convaincu des difficultés et de l’étendue de lamatière, j’ai espéré aller plus loin avec le temps et de nouvellesrecherches sur les tables de la lune et la figure de la terre.
Il en est, à ce que je crois , des tables de la lune, et en généralde toutes les tables astronomiques , comme des cataloguesd’étoiles , qu’il vaut mieux s’appliquer à corriger que de cher-cher à en publier de nouveaux, la multitude des catalogues et destables n’étant propre qu’à fatiguer dans l’étude de l’astronomielorsqu’il est question de les comparer et de découvrir la causede'leurs différences. Ainsi sans prétendre rien diminuer du mé-rite des différentes tables de la lune , que plusieurs célèbresgéomètres ont publiées depuis quelques années, j’ai cru qu’ilserait du moins aussi utile de s’appliquer à perfectionner les tablesde cette planète dont les astronomes font le plfis communémentet le plus anciennement usage , comme avait déjà fait Flamsteedsur celles d’Iloroxius , les meilleures qu’on eût publiées de sontemps. Les tables de la lune , dont on se sert le plus aujourd’hui,sont celles que Ilalley a construites sur la théorie de Newton ,et que Le Monnier a perfectionnées depuis dans ses Institutionsastronomiques, soit en augmentant d’une minute le mouvementmoyen, soit en perfectionnant ou ajoutant quelques' équations.La forme de ces tables est familière aux astronomes qui doiventpar celte rai son s’en détacher difficilement ; de plus , elles nedemandent qu’un assez petit nombre d’opérations ; enfin laquantité la plus grande d’erreur qui peut eu résulter, est bienconstatée par le grand nombre d’observations auxquelles ou les acomparées jusqu’ici : espèce d’avantage qu’on ne peut se pro-mettre que d’une comparaison longue et assidue. Ou avait crulong-temps que les premières tables dressées sur la théorie deNewton , ne s’écartaient des observations que de deux minutes ;ce n’a été qu’après plusieurs années qu’on s’est aperçu que l’er-reur montait quelquefois à .V, quoiqu’à la vérité très-rarement.
Il me semble donc que le moyen le plus efficace et le plusprompt de contribuer à la perfection des tables de la lune, c’estde s’attacher à corriger , soit par la théorie , soit par l’obscrva-hon, les tables des Institutions astronomiques. Je dis soit par lathéorie, soit par l'observation ; car elles ont besoin l’une de