Band 
Tome premier.
Seite
504
JPEG-Download
 

5o4 réflexions

§ NI. Examen d’une objection proposée par les adversaires del’inoculation.

Quelques adversaires de l’inoculation ont fait contre elle unraisonnement qui, au premier coup d’œil, paraîtra spécieux.Depuis le 26 septembre i;45, ont-ils dit, jusqu’au 24 marsV]63, il est entré à l’hôpital de Londres pour la petite vérole,6q56 personnes malades de la petite vérole naturelle , dont i634sont mortes; c’est plus de 1 sur 4- Pendant le même temps on ainoculé dans ce meme hôpital 3-434 personnes, dont 10 seule-ment sont mortes; le total des malades de la petite vérole natu-relle et de Vartificielle est de 9890 ; et le total des morts est deif >44 , c’est-à-dire de 1 sur 6 à 7. Or avant l’inoculation la mor-talité totale de la petite vérole n’était que de 1 sur 7 à 8 ; donc,concluent les adversaires de l’inoculation, cette opération estplus destructive du genre humain qucAsi on laissait agir la na-ture seule.

A ce raisonnement, voici ce qu’on doit répondre. i°. Si de-puis quelques années la petite vérole est devenue plus meur-trière à Londres, c’est par des causes étrangères à l’inoculation,entre autres par l’usage immodéré que le peuple y fait plus quejamais des liqueurs fortes. 2°. Les 6456 malades de la petitevérole naturelle, portés à l’hôpital de Londres, se trouvaientdans le cas d’un danger encore plus grand que celui auquel onest déjà sujet dans cette maladie ; non-seulement, à ce qu’as-sure 1 e Journal de Médecine, d’avril iç65, la plupart étaientadultes, et par conséquent dans l’âge où la petite vérole natu-relle est le plus à craijidre, mais un très-grand nombre s’étaitfait porter à l’hôpital après avoir commis de grandes fautes dansle régime, et souvent même lorsqu’il n’était plus temps de fairedes remèdes.

Le calcul suivant fera voir, ce me semble, que c’est en effetà ces deux causes qu’il faut attribuer la grande mortalité de lapetite vérole à l’hôpital de Londres. Pour que l’inoculation n eutproduit ni bien ni mal, d’après le raisonnement que nous exa-minons, il faudrait supposer que la mortalité des deux petitesvéroles prises ensemble n’eût été à l’hôpital de Londres quedans le rapport de 1 à 7 4, qu’on suppose avoir été autrefois àLondres celui de la petite vérole naturelle. Donc de 9890 ma-lades, tant de la petite vérole naturelle que de l’inoculée, ilaurait dû n’en mourir à cet hôpital que 131 B. Il est donc mort,selon ce raisonnement, tant de la petite vérole naturelle que «lel’inoculée, 3a6 personnes de plus que si on n’en eût inoculeaucune. Ainsi l’inoculation aurait porté malheur, qu’on nous