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DES JÉSUITES. 33
qu’ils sont parvenus , par la confiance et la considération queLouis XIV leur accordait, à attirer toute la cour dans leurcollege de Clermont. Ou se souvient encore de la marque deflatterie qu’ils donnèrent au monarque, en ôtant à ce college lenom qu’il portait de la société de Jésus, pour 1 appe er collegede Louis-le-Grand ; et personne n’ignore le distique latm quifut fait à ce sujet, et dans lequel on reprochait à la société dene point reconnaître d'autre Dieu que le Roi (0-
Ainsi on les représentait à la fois comme idolâtres du despo-tisme pour les vendre vils et comme prédicateurs du régicidepour les rendre odieux ; ces deux accusations pouvaient paraîtreP en contradictoires , mais il ^e s agissait pas de dire 1 exacte"vérité , il s’agissait de dire des Jésuites le plus de mal qu’il étaitpossible.
Enfin, ce qui a mis le comble à la puissance et à la gloire dela société, c’est sous Louis XIV que les Jésuites sont parvenusà détruire ou du moins à opprimer eu France les protestans etles jansénistes, leurs ennemis éternels; les protestans, en con-tribuant à la révocation de l’édit de Nantes, cette source de dé-population et de malheur pour le royaume; les jansénistes, enles privant des dignités ecclésiastiques , en armant les évêquescontre eux, en les forçant d’aller prêcher et écrire dans les paysétrangers, ou même ces infortunés trouvaient encore la perse-cution.
Ce n’est pas que sous ce règne même où les Jésuites furent sipuissans et si redoutables , on ne leur ait porté de terribles coups,et plus terribles peut-être que tous ceux qu’ils avaient essuyésjusqu’alçrs. Les plaidoyers de Pasquier et d’Arnauld n’étaientguère que des satires ampoulées et de mauvais goût ; les Provin-ciales leur firent une plaie beaucoup plus funeste ; ce cbef-d’œùvre de plaisanterie et d’éloquence divertit, et indigna toutel’Europe à leurs dépens. Eu vain ils répondirent que la plupartdes théologiens et des moines avaient: enseigné comme eux ladoctrine scandaleuse qu ’011 leur reprochait; leurs réponses , malécrites et pleines de fiel, n’étaient point lues, et tout le monde
C 1 ) On mettra ici ces vers en faveur îles etrangers, qui peuvent ne les pa»Cç> an,titre :
Sustulît hinc Jesum, posvitque insignia régis,
Impia gens ; tdium non luibec Ma -Ocum*
N «ici la traduction qu’on peut en donner :
Pour faire place au nom (lu toi,
* La croix de ces lieux est bannie $
Arrête, passant, et connaisLe Dieu de cette race impie,
a.
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