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Tome deuxième.
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SIIU CHRISTINE, 129

Christine eut bientôt dans ses Etats des affaires plus impor-tantes que l’étude du grec, des idées innées et des tourbillonsÇen 1 (>') 1 ) . La résolution qu’elle avait prise de ne se point marier,alarmait des peuples qui craignaient de manquer de maître.E’épuisemenl des finances dérangées par ses profusions causaitnn mécontentement général ; ce fut alors qu’elle pensa , pour lapremière fois , à descendre du trône. Elle se rendit en plein sé-nat, déclara le dessein qu?elle avait formé, et le fit savoirpar lettres au prince Charles Gustave. Celui-ci, assez habilepour dissimuler, et craignant peut-être que la reine 11e fit surson successeur une tentative dangereuse , rejeta les offres deChristine, pria Dieu et la Suède de la conserver long-temps , etse para avec beaucoup d’ostentation de sentimens qu’il n’avaitguère. La solitude ou ce prince affectait de vivre après àvoir ac-cepté la succession , la précaution qu’il avait prise de s’éloignerde la cour , enfin l'extrême circonspection qu’il mettait dans tousses discours et dans toutes ses démarches , étaient pour les moinsclairvoyans une preuve du désir qu’il avait de parvenir au trône.H se flattait peut-être que le sénat, acceptant la démission deChristine, lui procurerait l’avantage de régner eu lui laissantl’honneur de la modestie. Mais il fut trompé dans ses espérances.Soit que Christine eût simplement voulu calmer des sujets mé-conleus, et s’affermir sur le trône par leur suffrage, soit qu’ellevit son abdication jugée moins favorablement par les étrangersqu’elle ne s’y attendait, soit enfin qu’après avoir voulu quitterle trône par vanité , elle voulût le conserver par caprice , ellese rendit ou fit semblant de se rendre aux sollicitations de sonsuccesseur et de ses sujets.

Christine écrivit l’année suivante (i 65 a), àM. Godeau, évê-que de \ 7 ence , dont nous avons tant de vers et si peu de poésies.Ce prélat l’avait louée par lettres ; la reine de Suède lui dit danss a réponse que les honnêtes gens de France sont si accoutumés àlouer , qu’elle n’ose se plaindre d’une coutume si générale 3 et’lu’elle lui en est meme, obligée. Il paraît que le même prélat avaitmarqué dans sa lettre quelque envie de convertir la reine. Enremerciant l’évêque de ses bonnes intentions, elle lui souhaitele bonheur de penser comme elle, et parait surprise qu’011 puisseêtre si éclairé et 11’être pas luthérien. Elle se montra aussi peucatholique dans une lettre qu’elle écrivit vers le même temps auprince Frédéric de Hesse, pour le détourner d’embrasser la re-ligion romaine. Ces deux lettres devraient surprendre de lapart d une princesse qui se fit catholique un an après , si l’on neSfU . ait combien peu de temps il faut aux hommes, et surtout aux.ptmees , pour changer dans leurs opinions comme dans leurs

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