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Tome deuxième.
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DE PERRAULT. ->.33

rien, quand il s’agissait des intérêts de son auteur chéri. On peuten juger par le sang-froid avec lequel il a traduit, dans une deses remarques sur Longiti, un passage bien étrange de Yitruveau sujet de Zoile. Après avoir dit que ce mauvais critique récitaau roi Ptolémée Philadelplie , l’ouvrage où il déchirait Homèrelong-temps après sa mort, Yitruve ajoute : Les ans disent quePtolémée le fît mettre en croix , d'autres qu’il fut lapidé, etd’autres qu’il fut brûlé tout vif à Smjrrne. Mais de quelquefaçon que cela soit , il est certain qu’il a lien mérité cettepunition , puisqu’ on ne peut pas la mériter pour un crime plusodieux que celui de reprendre un écrivain qui n’est pas en état derendre raison de ce qu’il a écrit. Indépendamment de l'absurditéde cette maxime, Yitruve, comme le remarquait très-bien CharlesPerrault, ne faisait pas attention qu’en parlant ainsi, il condam-nait la sévérité cruelle dont il accablait lui-même en ce momentle malheureux Zoïle , que la mort avait mis depuis long-tempshors d’état de se défendre. Quoi qu’il en soit, 011 est bien tentede croire que le satirique inexorable, qui a transcrit ce passagesi sérieusement et avec une sorte d’approbation , aurait fait unmauvais parti à Charles Perrault, s’il eût été chargé de lui in-fliger quelque peine pour ses blasphèmes contre le prince despoètes; tant l’intolérance et le fanatisme paraissent inséparablesde toute espèce de culte superstitieux. Charles Perrault rappro-chait ce trait de Yitruve, d’un autre trait aussi ridicule etmoins connu, celui du médecin Serenus Sammonicus, qui,enthousiasmé dn quatrième livre de Y Iliade, ordonnait, pourremède de la fièvre quarte, d’appliquer sur la tête des maladesce quatrième livre, dont la chaleur brûlante, selon lui, étaitcapable d’opérer la guérison en fondant les humeurs (5).

L’humeur de Despréaux contre son antagoniste refluait jusquesur l’Académie, qui aurait dû, selon lui, faire subir à l’héré-siarque une punition exemplaire; mais qui, se bornant à rendreaux anciens l’hommage qui leur est dû, croyait devoir laisser àses membres la liberté de les apprécier à leurs risques et périls.L’implacable vengeur de Y Iliade prétendait que la compagnie ,en ne fermant pas la bouche à Charles Perrault, en lui laissantmême ses portes ouvertes, opinait plus scandaleusement quelui contre les anciens, et surtout, disait-il, contre le bon sens, àqui elle en voulait comme à un ancien , beaucoup plus ancienqu’Homère et Hirgilc • il ajoutait, dans l’impétuosité de sa co-lère, qu’il fallait changer la devise de l’Académie, et mettre àla place une troupe de singes qui se miraient dans une fontaine,avec ces mots : sibipulchri (charmons pour eux seuls). L’Aca-démie ne fit que rire de ces incartades poétiques, et donna du