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Tome deuxième.
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38?. NOTES SUR L’ÉLOGE

Oiu*jucJfoi8 il,ins sa course nn esprit vigoureux,

Trop resserre par l’art , sort des règles prescrites,

Et de Part même apprend à franchir les limites.

La mort do Puimorin eut une cause aussi triste que singulière. U»jour qu’il était avec quelques amis, ils convinrent que le premier quimourrait viendrait donner aux autres de scs nouvelles. L’un deux étantmort quelque temps après , Puimorin crut qu'il lui était apparu pendantla nuit, et tomba dans une mélancolie qui le conduisit au tombeau.

Nous ne dirons rien d’un autre lrèrc de Despréaux , Jérome Boileau,greffier du parlement, grand joueur, et grand blasphémateur quandil perdait au jeu ; mari d’une femme bizarre et acariâtre , que Despréauxa peinte en plusieurs endroits de la satire contre les femmes. Le poètealla pourtant demeurer avec elle après la mort de son mari ; mais ellen’était pas sa femme.

Despréaux, dont l’enfance peu brillante ne promettait rien à la va-nité de scs paï ens, en lut très-maltrailé dans sa jeunesse , principale-ment par ses frères qui ne le craignaient pas encore, et qui même leméprisaient trop pour en être jaloux. On lui donna pour logement, dansla maison paternelle, une guérite au-dessus du grenier, et quelquetemps après on l’en lit descendre pour le loger dans le grenier même,ce qui lui faisait dire qu’il avait commencé sa fortune par descendre augrenier. Il ajoutait que si on lui offrait de renaître aux conditions oné-reuses de sa première jeunesse, il aimerait mieux n’ètrc jamais né. Aussiétait-il bien éloigné de croire au lieu commun si rebattu, que l’enfanceeslle temps le plus heureux de la vie. Peut-on, disait ce poète amou-reux de l’indépendance , ne pas regarder comme un grand malheur lechagrin continuel et particulier à cet tige, de ne jamais faire sa vo-lonté ? On avait beau lui faire valoir les avantages d’une si heureusecontrainte, qui épargne au jeune âge tant de sottises : Qu'importe,disait-il, qu’on connaisse le prix de ses chaînes quand on les a se-couées , si oh n’en sent que le poids quanti on les porte ? (. est en effetun triste bonheur que celui dont on no s’aperçoit pas, et c’en est unplus triste encore que celui dont on s’afflige comme d’un malheur. Cen’est pas que Despréaux trouvât les autres temps de la vie plus agréablesque l’enfancc ; tous lui paraissaient également pénibles ; la jeunesse, parles passions qui nous tourmentent; l’dge mûr, par les soucis qui nous1 dévorent; la vieillesse, par les infirmités qui nous accablent; et il neparaissait pas éloigné de penser comme ce philosophe, qui, lorsqu’onlui demandait quel était le moment de la vie le plus heureux, répon-dait, c’est le moment oit on la quitte. Il serait difficile, disait encoreDespréaux, de savoir quel est le meilleur temps de la vie; on peutseulement dire que ce n’est presque jamais celui qui s’écoule au mo-ment oit l’on fait cette question.

La seule ressource du jeune Despréaux , si maltraité dans la maisonpaternelle, était d’aller quelquefois à la grnnd’salle du l’nluis , où déjàil faisait beaucoup rire les clercs par scs plaisanteries. Si l’on ne savaitcombien la haine est imbécile dans scs vengeances, on aurait peine *